Martine Carol

Quelques lingeries et robes portées par Martine Carol  dans ses films les plus célèbres, appartenant à la Collection « Nuits de Satin »:

Nana

Nana affiche

Film inspiré du roman éponyme d’Emile Zola, réalisé par Christian-Jacque en 1955 avec Martine Carol et Charles Boyer.

Corset-guêpière porté par Martine Carol

Martine Carol dans le film NANA en 1955-

Martine Carol dans le film NANA en 1955-2

NANA – Autre tenue portée par Martine Carol dans ce film

Déshabillé en tulle plumetis

Martine Carl déshabillé - Collection Nuits de Satin« Historical lingerie exhibition » Exposition au Musée Yuan de Chongqing en Chine

deshabillé martine carol Nana

Exposition au Sinan Mansions à Shanghai (Chine) en 2017- Déshabillé style époque Second Empire 1860 en satin rose , dentelle Chantilly noire et tulle « Point d’Esprit » ivoire porté par la célèbre actrice française Martine Carol dans le film « NANA » d’après le roman d’Emile Zola.
Exhibition at Sinan Mansions in Shanghai (China) in 2017 – Nightdress era style  Second Empire 1860 in pink satin, black Chantilly lace, and ivory « Point d’Esprit » tulle, worn by the famous French actress Martine Carol in the movie « NANA » based on the novel of Emile Zola.
Nicole Courcel déshabillé (2)Ce déshabillé fut aussi porté par Nicole Courcel

LOLA MONTES

Lola Montès affiche

Lola Montès est un film français réalisé par Max Ophüls fin 1955 . Les acteurs principaux étaient Martine Carol et Peter Ustinov.
Robe corsetée portée par Martine Carol dans ce film

Lola Montes, Max Ophuls, 1955

Secrets d’alcôves

Secrets D'alcôve - Film Jean Delannoy 1953 - Sketch Le Lit De La Pompadour affiche

Secrets d’alcôve est un film français à sketches de Jean Delannoy, Henri Decoin, Gianni Franciolini et Ralph Habib sorti en 1954. Un des sketches s’appelle Le Lit de la Pompadour avec Martine Carol.

Martine Carol - Secrets D'alcôve - Film Jean Delannoy 1953 - Sketch Le Lit De La Pompadour 4

Martine Carol - Secrets D'alcôve - Film Jean Delannoy 1953 - Sketch Le Lit De La Pompadour 3
Robe portée par Martine Carol dans une autre scène

Martine Carol - Secrets D'alcôve - Film Jean Delannoy 1953 - Sketch Le Lit De La Pompadour 4

Secrets d'alcôve robe Martine Carol logo

Un caprice de Caroline chérie

Un_caprice_de_Caroline_cherie

Un Caprice de Caroline chérie est un film réalisé par Jean Devaivre avec Martine Carol en 1952

Martine Carol -Un Caprice De Caroline Chérie

 

Shooting Swimwear

Les maillots de bain de la collection  “Nuits de Satin” portés par des célébrités
‘Nuits de Satin’ swimsuits collection worn by celebrities

 

Le maillot de bain en dentelle et velours noir porté par Marilyn Monroe pour un shooting photo de la célèbre marque de balnéaire américaine des années 50. 

 Marylin Monroe’s  black lace and velvet swimsuit she wore for a photo shoot of the famous 50′ brand “Catalina” . Pictures of the photo shoot go with the mythical swimsuit.  

Ce maillot fut également porté par Marilyn pour l’affiche du film « Love nest » en 1951.

Marilyn wore  also this swimsuit for the movie’s poster « Love Nest » in 1951.

love nest_marilyn monroe

Shooting photo pour la célèbre marque de maillot de bain CATALINA

Article de presse : Marilyn Monroe à l’hôtel Beverly Carlton en 1951 avec le maillot de bain en dentelle noire Catalina

Press article : Marilyn Monroe at the Beverly Carlton Hotel in 1951 with the Catalina black lace swimsuit

Scarlett Johansson portant un maillot de bain américain vintage Jantzen des années 50 en coton blanc à smocks brodé de cerises.

Scarlett Johansson wearing an original vintage 1950s’ Jantzen US swimsuit in white cotton  embroidered with cherries

Scarlett Johansson-Jantzen swimsuit

Publicité JANTZEN des années 50 avec la photo du maillot de bain appelé « Mon Chéri » exposé au Bikini Art Museum.

JANTZEN advertisement from the 50’s with the photo of the swimsuit called « Mon Chéri » exhibited at the Bikini Art Museum.

jantzen-1950-swimsuit-with-cherries

JANTZEN swimsuit ad 1950

 

 

 

 

 

 

ScarlettJohansson & WoodyAllen. Photo-shoot en 2006 pour leurs collaborations dans les films « Scoop », « Vicky Cristina Barcelona » et « MatchPoint » .

Woody Allen_Scarlett Johansson_Scoop_NY magazine

Scarlett Johansson-Maillot de bain Jantzen 1950

Maillots de bain des années 60 loués pour le film “OSS 117 Rio ne répond plus »
avec Jean Dujardin de Michel Hazanavicius pour la scène se déroulant au bord de la piscine.

Affiche-OSS-117web

Swimsuits from the 60s rented for the movie ‘OSS 117 Lost in Rio’ 
with Jean Dujardin directed by Michel Hazanavicius .

OSS 117Scène de la piscine en référence au film de “James Bond contre Dr No”
Swimming pool scene in reference to the film ‘Dr No’

ossJean Dujardin et les « Girls » en bikini dans la scène de la piscine
Jean Dujardin and the ‘Girls’ wearing bikinis in the swimming pool scene

Bikini en lurex doré créé par « Nuits de Satin » pour l’actrice Reem Kherici dans le rôle de Carlotta. Reem Kherici a été sélectionnée par le site Melty Fashion comme faisant partie du top 20 des actrices en bikini les plus marquantes sur grand écran.
Golden lurex bikini designed by ‘Nuits de Satin’ for the actress Reem Kherici playing Carlotta.Reem Kherici was chosen by the website Melty Fashion to be in the top 20 of most memorable actresses wearing a bikini in a movie.

Laetitia Casta en maillot de bain vintage DeWeese des années 50, collection  « Nuits de Satin » pour le magazine «Stiletto»

Laetitia Casta wearing a ‘Nuit de Satin’ vintage 50′ DeWeese swimsuit for the magazine ‘Stiletto’ STILETTO 09.08-(2)

Joan Collins à 18 ans en 1951 , vêtue d’un maillot de bain en nylon bleu à smocks de la marque américaine « Peter Pan » 

Joan Collins, 18 years old, in 1951 wearing a one-piece swimsuit  in blue nylon with smocking from US label « Peter-Pan ».

Joan Collins_swimsuit Peter-Pan

Eva Green en maillot de bain Libron des années 50, collection « Nuits de Satin » pour le magazine « ELLE »
Eva Green wearing a ‘Nuits de Satin’ vintage 50’s Libron  swimsuit for the magazine ‘ELLE’

Eva-Green-Elle-2004-Web

Maillot et bonnet de bain pour l’affiche du Grand Magasin le “Printemps
Swimsuit and swimming cap for the department store ‘Printemps‘ poster

Image68

Bonnet de bain à fleurs années 60 pour VOGUE © Mario Testino
Flowery swimming cap 60s for
 VOGUE © Mario Testino

2 Mario Testino

Shooting Swimwear par Martial Lenoir
Swimwear shooting by Martial Lenoir

webclaramaillotbikini1Bikini historique en lurex doré de « Louis Réard », l’inventeur du bikini
Historic golden lurex bikini by ‘Louis Réard‘, the inventor of bikini

webclaramaillotfleur1Maillot gaine 1 pièce à fleurs rouge et parme « LE CATALAN à Lyon » de 1948
One-piece girdle swimsuit with violet and red flowers ‘LE CATALAN à Lyon’ from 1948

webclaramaillotlame1Maillot 1 pièce en lamé doré sur stretch noir « DE WEESE Design » Californie USA années 50′
One-piece swimsuit in golden lamé on black stretch ‘DE WEESE Design’ California USA 50s

webclaramaillotnoir1Maillot 1 pièce allemand « Orcheed » en nylon Utrecht années 70
German one-piece swimsuit ‘Orcheed‘ in Utrecht nylon 70s 

webmaillotblancMaillot 1 pièce baleiné à jupette, smocks dans le dos, années 50
One-piece swimsuit with whalebones and a skirt, smocked back, 50s

webclaramaillotturquoise1Maillot 1 pièce bleu ciel by « lastina » MARINA DEL MAR Californie USA de 1948
Sky blue one-piece swimsuit ‘lastina’ MARINA DEL MAR California USA from 1948

webclaramaillotune pieceparme1Maillot 1 pièce en polyester mauve, bandes blanches « ROBBY LEN Fashions » USA de 1965
One-piece mauve polyester swimsuit, white strips, « ROBBY LEN Fashions » USA from 1965

webclaramaillotviolet1Maillot 2 pièces de 1970
Two-pieces swimsuit 1970
webclaramaillotvioletmarin2Bikini violet « JESOSS Monte-Carlo » à culotte haute, années 50
Purple high waisted bikini ‘JESOSS Monte-Carlo’ 50s

webhelleannamaillotbleu1Maillot 1 pièce stretch marine et jupette en coton blanc « style marin » Le Catalan de 1965
Navy stretch one-piece with white cotton skirt ‘sailor-style’ Le Catalan from 1965

webhelleannamaillotrouge1Maillot 1 pièce rouge et carreaux noir et blanc « Le CATALAN » Lyon de 1965
Red one-piece swimsuit with black and white checks ‘Le CATALAN’ Lyon from 1965

webtrixiepinup1Maillot 1 pièce imprimé « Libron-Vahiné » années 50 en nylon et smocké sur les côtés
Printed one-piece swimsuit ‘Libron-Vahiné’ 50s, in nylon, with whalebones and smoked on the sides

Flyer Expo Mode City-1Maillot-short 1 pièce à rayure, modèle « Charleston » de 1970 mais d’inspiration 1900 – Maillots François GERARD – Paris, fg St Honoré
Striped one-piece swimsuit with shorts, ‘Charleston’ design from 1970 but of 1900 inspiration – François GERARD – Paris, fg St Honoré

Exposition PIN-UP

Exposition « Pin-Up, l’Age d’Or du Balnéaire »

Exposition PIN-UP .jpgCommissaires d’exposition – Ghislaine Rayer et Patrice Gaulupeau

 Galerie Joseph, 7 rue Froissart, 75003 Paris

Du 5 juillet au 3 septembre 2017

UN HOMMAGE AUX MAILLOTS DE BAIN DES PIN-UP DES ANNÉES 50 

 

1 Exposition Pin-Up- Maillots Hollywood 1 Copyright Ghislaine Rayer

Un corner dédié aux maillots de bain de luxe qui ont su égaler les robes de soirée lors des « Pool Parties » huppées d’Hollywood.

Publicité JANTZEN américaine des années 50 vantant « Le modèle ‘Mayflower’  pour rendre les femmes irrésistibles » . Photo de la publicité réalisée à la Coquille Club Resort de Palm Beach. Maillot de bain Jantzen en taffetas taupe et dentelle ivoire  couleur « café au lait »  -Collection Nuits de Satin.

Maillot de bain américain Cole of California, modèle ‘Vegas’ des années 60 bordé au décolleté de perles et de strass. Modèle à porter au bord des piscines de Las Vegas.

Publicité américaine Jantzen  des années 50 vantant les maillots avec brillants « Briller pour être encore plus glamour ». La publicité décrit aussi l’importance d’avoir un soutien-gorge intégré et un tissu moulant de qualité qui sculpte vos courbes : la « shape assurance » pour être sûre de soi !

Maillot de bain américain avec jupette à volant des années 50′ en taffetas extensible vert créé pour les « pools parties ».

Des maillots « couture » créés par les marques emblématiques américaines (Jantzen, Catalina, Cole of California, …) conçus pour les Pin-up et les stars hollywoodiennes.

 

13 Exposition Pin-Up- Maillots Hollywood Copyright Ghislaine Rayer

Maillot de bain CATALINA des années 50’ en lastex bleu ciel et rucher blanc avec des perles exposé avec sa publicité d’époque.

Maillot de bain de DeWeese Designs 1950 en organza bleu ciel avec des appliques de marguerites. La styliste de cette marque, Mary Ann DeWeese était connue pour son travail pour les designers des studios de Hollywood, le concours de Miss America ainsi que pour ses costumes pour les équipes américaines aux Jeux olympiques. Ce maillot de bain est un exemple du style flamboyant de cette époque en Californie.

Lithographie de Mr Z : « California Cocktail ».

Maillot Jantzen des années 50 et sa publicité vantant le style italien de cette gamme de maillot de bain qui s’inspire du look de Gina Lollobrigida, Sylvana Pampanini ou Anna Magnani, célèbres actrices pulpeuses de cette époque. 

Maillot de bain américain JANTZEN des années 50,  en coton groseille repiqué et photo de Rita Hayworth en 1952. 

Deux pièces taille haute américain de marque SEARS SEA STARS fin des années 50′ en coton blanc à motifs floraux.

Publicité américaine Jantzen des années 50 vantant le savoir-faire de la marque sur sa capacité à rendre les femmes irrésistibles grâce à sa façon de concevoir des maillots flatteurs et moulants mais aussi grâce aux nouvelles fibres utilisées. Le maillot idéal pour ressembler à une « Bathing Beauty » en référence à Esther Williams. Maillot de la publicité exposé  à côté.

Publicité de 1952 de la marque Catalina, fournisseur à cette époque de « Miss Univers » et des studios de cinéma hollywoodiens. C’était la marque des Stars ! Ce modèle est porté par une célèbre actrice hollywoodienne de l’époque Piper Laurie.

L’exposition met aussi en avant les tendances européennes des années 50, le Brigitte Bardot style ou l’esprit New-Look… quand la collaboration des grands couturiers français (Dior, Jacques Fath, Schiaparelli) avec les grandes marques américaines donne naissance à un style balnéaire Haute Couture et intemporel.

PIN-UP exposition maillot de bain Ad Dior

Publicité COLE OF CALIFORNIA, marque de maillots créée par Fred Cole en 1923. C’était au départ une entreprise familiale de tricots à Los Angeles. En 1936, il commence à collaborer avec la créatrice de costumes hollywoodienne Margit Fellegi, puis dans les années 50, il choisit Esther Williams pour représenter la société, et en 1955 il produit ses maillots de bain avec Christian Dior.

14 Exposition Pin-up Molitor Copyright Ghislaine Rayer

 

Décor des cabines de la Piscine Molitor à Paris, où fut présenté pour la 1ère fois, le 5 Juillet 1946, le premier Bikini créé par Louis Réard.

Maillot Français de marque Peter-Pan des années 50 en nylon bleu, smocké avec du « filés lastex » pour donner de l’aisance, les tissus n’étant pas encore extensibles.

Brigitte Bardot en 1957 et le maillot de bain une pièce des années 50 en tissu écossais. 

Elizabeth Taylor devant sa piscine en 1955 et  Maillots français de marque Libron-Vahiné  des années 50 dans 2 versions de couleurs différentes.

Maillot 1 pièce Libron-Vahiné Paris de 1950′ en nylon orange, imprimé de fleurs blanches. Soutien-gorge avec armature « monowire » très en vogue à cette époque.

15 Exposition Pin-Up- Molitor 2 Copyright Ghislaine Rayer

« Le Maillot gaine qui idéalise le corps de la femme ». Présentation de maillots gaine des années 50 en filés lastex des marques de luxe françaises « Kestos » ou « Catalan ».

Une présentation de maillots de bain issus des films aquatiques hollywoodiens, dont Esther Williams fut l’illustre Sirène.

25Exposition Pin-up Esther Williams swimsuit Copyright Ghislaine Rayer

Maillot de bain DeWeese en Lurex argenté des années 1950. Maryann DeWeese a travaillé pour les studios hollywoodiens, pendant l’âge d’or de Hollywood, en concevant des maillots de bain pour les stars. En 1951, elle lance DeWeese Designs et fabrique des maillots de bain de haute couture.

Maillot de bain Cole of California USA de 1952 en lurex doré d’Esther Williams pour le film « Million Dollar Mermaid ». En 1951 (avant qu’elle ait sa propre ligne), Esther Williams était l’ambassadrice de Cole of California. « Voici le costume parfait pour les vrais nageurs … le meilleur que j’ai jamais porté. Il vous embellira, dans l’eau ou en dehors. « 

24 Exposition Pin-up COLE of California

Maillot de bain et chemise assortie COLE of California, imprimé léopard fin 60’ très en mode à cette époque. Photos de Ava Gardner (1952) et Rhonda Fleming, actrices américaines en tenue léopard.

Maillot de bain Cole of California de la série « Scandaleux » de 1965. La designer Margit Felligi fut responsable de nombreuses innovations dans l’industrie du maillot de bain, comme l’utilisation du tissu Lastex, du nylon et du spandex. Elle était connue pour son utilisation créative des tissus. En 1965, elle révolutionne le monde du balnéaire avec son «Scandal Suit», un maillot audacieux d’une seule pièce avec une incrustation de résille sur le ventre.

Publicité et pochette d’un disque 33 tours en l’honneur du « Scandalous » . Ce maillot fut tellement scandaleux à cette époque qu’il fut l’objet de nombreux merchandising à son effigie.

Un focus Marylin Monroe avec, pour la première fois exposé en Europe, le maillot de velours et de dentelle qu’elle porta pour une séance photo de la marque Catalina puis pour le film « Love Nest » ou « Nid d’amour » en 1951. Des clichés de ce shooting et de ce film accompagnent ce maillot mythique.

27 Exposition Pin-up Marilyn Monroe Catalina swimsuit

Maillot de bain « Catalina » en dentelle et velours noir – Collection Nuits de Satin

Shooting pour la célèbre marque de balnéaire Catalina

 

PRESSE

 

GALA Ghislaine RAYER

 

L’âge d’or du balnéaire

L’Age d’Or du Balnéaire 

 
Quand de la censure naît une mode glamour….

Dans les années 50, les actrices Hollywoodiennes n’avaient pas le droit de se montrer en lingerie ou tenue légère. Pour contourner la réglementation en vigueur, les producteurs de cinéma, afin de valoriser la plastique de leurs célébrités eurent l’idée de les faire poser en maillot de bain. Les marques de balnéaires rivalisèrent alors de créativité pour créer des maillots de « stars » qui sublimaient les femmes

Mais l’âge d’or du balnéaire aux Etats-Unis dans les années 50/60, c’est aussi l’inconscience de l’après-guerre, la musique, la plage, le surf et un nouvel art de vivre !

Marilyn Monroe

 Ambassadrice iconique des marques de maillots de bain

 

Maillot de bain « Catalina » en dentelle et velours noir – Collection Nuits de Satin

Marilyn Monroe est l’icône glamour par excellence, le mot photogénie a été inventé pour elle. Mais l’actrice n’aurait jamais imaginé qu’elle puisse un jour avoir un tel destin. Née de père inconnu et d’une mère schizophrène, placée en famille d’accueil à 9 ans, elle se retrouve mariée, en 1942, à l’âge de 16 ans avec un ouvrier qui s’engage dans la marine marchande. Marilyn qui n’a pas fait d’étude, finit par trouver du travail dans la même usine que son mari en tant que plieuse de parachutes. C’est là qu’elle se fait repérer par un photographe de l’armée, David Conover, venu pour illustrer l’implication des femmes dans l’effort de guerre. Il cherchait un « physique » pour stimuler le moral des troupes à l’étranger quand il a découvre Norma Jean, une jeune fille de 18 ans, qui avait l’air très intéressante, même en salopette…

Grâce à cette série de photo publiée un peu plus tard dans le magazine YANK en 1945, elle fait ensuite la couverture d’une trentaine de magazines de Pin-up  et commence à se faire connaître comme la « Mmmmm girl ». Elle abandonne son travail pour se consacrer à sa carrière de mannequin, notamment auprès de l’agence Blue Book Modeling Agency. En décembre 1945, elle tourne son premier film-test pour l’agence, afin de promouvoir des maillots de bain. La « bombe sexuelle » est née et sa carrière commence  alors … Même lorsqu’elle devient actrice, puis star, elle reste l’ambassadrice incontestée des marques de beachwear qui utilisent à l’envi son sourire et son incomparable plastique pour promotionner leurs maillots de bain.

Marilyn n’est pas une légende, mais LA légende !

 


 Une plongée historique et fashion dans les coulisses d’Hollywood

 

Le code Hays

Dans les années 50, le puritanisme ambiant, le maccarthysme tout puissant et le lobby des ligues de vertu de la société américaine touchent l’univers de la mode. Parmi toutes ces ligues et autres organismes répresseurs, il en est un qui va sévir pendant plus de 30 ans et perturber le cours d’une industrie florissante : le code Hays, guide d’autocensure pour la communauté cinématographique hollywoodienne.

En pratique, l’application stricte du code impose de suivre des règles saugrenues : les baisers sont chronométrés, la nudité est proscrite, les costumes trop révélateurs sont bannis, le lit, même conjugal, devient obligatoirement des lits jumeaux…

PIN-UP Rita Hayworth maillot de bain swimsuit 50Rita Hayworth

Les scènes de déshabillage et la lingerie provocante doivent être évitées, sauf lorsqu’elles constituent un élément essentiel du scénario. En outre William Hays, étant sujet à un fétichisme particulier, traque personnellement les nombrils féminins.

Le maillot de bain deux-pièces taille haute, devient alors la seule pièce sexy et glamour autorisée sur les tournages et la promotion des films. Quant au maillot une-pièce, il sublime les stars en dévoilant leurs atouts, mais dans les règles !

PIN-UP Liz Taylor maillot de bain swimsuit 50

Elizabeth Taylor et Ava Gardner sont  des actrices de la Metro-Goldwyn-Mayer et cette société de production cinématographique diffuse jusqu’à 3 000 photos d’elles par semaine pour assurer leurs promotions.

PIN-UP Ava Gardner maillot de bain swimsuit 50

 « Bathing Beauty »  (Le Bal des Sirènes)

C’est le premier film 100% aquatique produit à Hollywood. Somptueusement mis en scène dans le plus grand studio alors jamais construit, ses scènes de natation synchronisée majestueusement chorégraphiées par le maître de l’époque Busby Berkeley, font d’Esther Williams une star dont le seul costume est le maillot de bain.

PIN-UP Esther Williams maillot de bain swimsuit 1950s' (240 x 300)Esther Williams en maillot de bain Cole of California

Esther Williams dont les maillots parfois provocants pour l’époque n’en demeurent pas moins des œuvres d’art en termes de style. Surnommée « la Sirène d’Hollywood », l’actrice américaine, après avoir été la vedette d’une vingtaine de films, devient une femme d’affaire prospère en se lançant dans la création de maillots de bain. S’inspirant des tenues de ses films, elle travaille pour la marque Catalina puis lance sa propre griffe, toujours commercialisée de nos jours.

L’âge d’or des « Pin-up » 

Une Pin-up est une représentation rêvée de femme , en dessin ou en photo, dans une pose attirante ou « sexy ». L’expression anglo-saxonne  « Pin-up girl » pourrait se traduire en français par « jeune femme épinglée au mur » (to pin : épingler).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Pin-Up, symboles de charme et d’érotisme, connaissent un très large succès, surtout chez les militaires, et notamment chez les G.I. Des représentations de Pin-up étaient fréquentes sur leurs murs de leur chambrée et paquetage. Certains pilotes, avec la bénédiction de leurs supérieurs,  en faisaient même peindre une sur le nez de leur avion bombardier.

Les années 50 deviennent l’âge d’or des Pin-up, principalement aux Etats-Unis. À cette époque, elles sont partout et apparaissent en « Une » des magazines, des journaux, posters, calendriers, petites vignettes à collectionner…

La plus célèbre des Pin-up fut et restera Bettie Page qui, si elle fut connue pour avoir posé en lingerie sexy, dut son plus grand succès à ses poses en maillots léopard, relançant ainsi la mode de cet imprimé.

 

La success-story des Pin-up continue jusque dans les années 70, où elles sont utilisées dans la publicité. Même Coca-Cola fera appel à Marylin Monroe  pour faire la promotion de leur célèbre boisson.

A la suite de l’apparition des magazines érotiques comme Playboy ou Penthouse, la mode des Pin-up disparaît progressivement au profit de photos réalistes de femmes nues moins fantasmées.

On assiste depuis quelques temps à un regain d’intérêt pour ces égéries des années 1950. La mode, la publicité, les médias et les artistes remettent ce style au goût du jour. Dita von Teese, en est la grande prêtresse et célèbre, dans ses shows internationaux, le grand retour de la Pin-Up.


Les tendances européennes des 50’s !

 

Pendant toute la période des années 50, le maillot de bain est porté soit en 2 pièces (culotte montante qui couvre le ventre et surtout le nombril) et le « une-pièce » qui permet de se déshabiller sans être impudique. Cette décennie est marquée par le développement de la créativité du maillot une-pièce Couture et du maillot à jupette.

Destiné à habiller un peu plus la baigneuse, il a l’avantage de pouvoir être porté au bar de la piscine ou dans les jardins de l’hôtel. Le maillot n’est plus forcément « de bain », il peut être de plage ou de cocktail, lors de ce que les américains appellent les « Pool Parties ».

Un style balnéaire flamboyant s’impose dans cette décennie, Les imprimés sont à l’honneur ainsi que les lamés et les maillots sont agrémentés de boutonnage, faux laçage, ceintures et larges poches. La jupette peut être droite, entrouverte, portefeuille ou coupée façon short.

Maillot Libron-Vahiné-Kestos  de 1948  Maillot à jupette en nylon imprimé , Collection Nuits de Satin

Toutefois, le rationnement des matières de l’après-guerre, en Europe, marque un frein au succès des maillots de bain habillés. Seules les très rares marques haut de gamme s’y essaient.

Les couturiers célèbres collaborent avec les marques américaines, leaders sur ce marché : Jacques Fath fait la promotion de la marque Sutex, tandis que Christian Dior associe son nom à la marque Cole of California, et Elsa Schiaparelli fait la promotion de la marque Catalina.

Certains d’entre eux sont devenus iconiques et la mode « Pin-Up  ou retro » a encore de beaux jours devant elle tant les reproductions de ces pièces sont encore prisées.

Comme la petite robe noire, il a sa place dans chaque garde-robe, toutes générations confondues…

 

La Crinoline

 Naissance, production et disparition de la crinoline

Le règne furtif de cette jupe-cage d’acier n’aura duré qu’une quinzaine d’années, de 1856 à 1870, mais le souvenir de ce curieux accessoire de mode qui fut le marqueur du second Empire, reste encore, 150 années plus tard, une des pièces les plus célèbres de l’histoire des dessous féminins.

crinoline 1860 Nuits de Satin

Qu’en aurait il été de la crinoline sans le second Empire, son apparat, son luxe, ses fêtes, et l’Impératrice Eugénie, fervente admiratrice de Marie-Antoinette et de ses robes à paniers ?

L_impératrice Eugénie en costume XVIIIème par F.X Winterhalter 1857

Cette jupe aurait elle été aussi énorme sans les six semaines de réjouissances annuelles au château de Compiègne où il fallait paraître, étonner, avoir la taille la plus fine, la robe la plus ample?  Ces « séries », comme on  appelait ces fêtes, étaient un rendez vous incontournable de toutes les célébrités du moment. Le monde des arts, des lettres et des sciences, les princes, les ministres et les ambassadeurs n’auraient manqué pour rien au monde ce must annuel à l’invitation de l’Empereur, et aux bons soins de l’Impératrice. Stendahl, Mérimé, Pasteur, Delacroix, Gustave Flaubert, Alexandre Dumas, Alfred de Vigny, Verdi, Viollet-Le-Duc, « l’invité permanent de toutes les séries et l’âme de toutes les fêtes improvisées. » 

L'impératrice Eugénie tenant son fils dans les bras, sur les marches de la terrasse du château de Compiègne Octobre 1856 -photo Olympe AguadoL’impératrice Eugénie tenant son fils dans les bras, sur les marches de la terrasse du                                     château de Compiègne Octobre 1856 (photo Olympe Aguado)

Même si l’ambiance et le réceptif impérial se voulait, comme on pourrait le dire aujourd’hui « à la bonne franquette », rien n’était trop beau pour être au niveau. On pouvait se ruiner, simplement pour être superbement habillée durant les dix jours de la série. « Un train spécial amenait chaque série d’environ cent personnes; une dizaine de wagons de première classe le composait, dont six wagons-salons pour les invités, et les autres pour les domestiques : on y ajoutait six fourgons pour les bagages que les dames élégantes se chargeaient de remplir de leurs multiples colis, l’usage étant d’emporter, pour une réception de dix jours pas moins de six robes de bal à crinolines, entièrement différentes, sans compter les robes de villes à petites crinolines pour la journée ».

1860s Metal Hoop Crinoline Dress

Mais revenons quelques années en arrière, et voyons les circonstances de la naissance de cette cage  appelée crinoline et laissons-nous guider par l’expert de cette époque, François Libron :

« Déjà sous la Restauration (1814-1830), les élégantes s’étaient progressivement re-juponnées et, à la veille de la révolution de 1848, on vit apparaître le jupon en tissu dit crinoline.  Ce tissu rigide, dont la chaîne était en fil noir et la trame en crin (fibre de queue de cheval), avait été inventé par un fabricant nommé Oudinot, qui l’avait appliqué spécialement aux cols-cravates pour les militaires. Le Petit courrier des Dames du 30 Juin 1830 le vantait comme imperméable, souple, léger, indispensable pour l’été. Puis la crinoline avait passé la Manche, et une Anglaise, Mrs Gavetson, avait eu l’idée d’en garnir ses hanches. C’est ainsi qu’une ébauche de crinoline fut exhibée le 1er août 1846, à l’exposition florale de Cremorne-Gardens, à Londres. La mode en France s’en empara, et la nouvelle étoffe servit aussi bien à faire bouffer les manches à gigots qu’à donner de l’ampleur aux jupons. »

Magasin Crinoline1865

L’enjuponnement de la femme prit, à partir de 1850, une progression rapide. Les plus réfractaires acceptèrent les jupons empesés et les jupons à volants, plus gracieux que ceux en crin, mais plus embarrassants. Les plus modestes firent doubler leurs volants de grosse mousseline, et s’affublèrent de quatre ou cinq jupons empesés et superposés. En même temps pour développer les hanches, on inventa une sorte de tournure appelée par euphémisme : « le  polisson ».

Le nombre des jupons devint incontrôlable, leur poids et leur maniement de plus en plus insupportable, aussi faut-il considérer qu’en 1856 l’avènement de la véritable crinoline ou sous jupe en acier, est ressentie comme une sorte de délivrance. Son inventeur Français parait avoir été un certain Auguste Person, originaire des environs de Chalon sur Marne. Il en aurait eu l’idée lorsqu’il n’était encore qu’un commis de magasin et aurait revendu le brevet à Tavernier en 1857, le créateur Parisien de la sous jupe d’acier. (Aux Etats-Unis, on trouve la trace d’un brevet d’une jupe cage métallique dès 1846, au nom de David Hough sous le numéro 4584, mais sans aucune commercialisation.)

Ce dispositif de cerceaux d’acier, recouvert de tissus blancs au début, puis de couleur (le rouge étant très apprécié) donna à la fois de la souplesse et de la forme à la robe en diminuant de façon conséquente le poids suspendu.

Crinolines d’environ 1860

Ces sous jupes d’acier, dont les cerceaux métalliques remplaçaient les baleines, s’attachaient par un lien de toile à l’agrafe renversée du corset. Pour la plupart, ces crinolines avaient quatre à cinq rangs de cercles de métal, les plus élaborées pouvant en avoir dix rangs, les trois premiers s’arrêtant aux hanches, le tout premier s’appelant un « traquenard ». Un journaliste du Monde Illustré d’avril 1862 décrit l’importance de la France en matière de mode en ces termes : « La France est le seul pays où les nations, même les plus éloignées, viennent chaque année étudier les modes nouvelles. Paris, depuis des siècles, donne le ton à l’univers. Le jour où le cerveau féminin imagina de tripler l’ampleur des robes, pour la joie des marchands de nouveautés et le désespoir des pères et des maris, il fallu soutenir cet échafaudage de soies et de dentelles ; la crinoline vit le jour… » 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Peu d’inventions ont eu le succès rapide et mondial de la crinoline. En moins d’un mois, elle avait franchi les frontières. Toute l’Europe voulait se mettre au diapason de la cour de l’Impératrice Eugénie, la démesure de la crinoline étant en parfaite adéquation avec le faste dispendieux du second Empire. L’impératrice Elizabeth d’Autriche, reine de Hongrie, plus connue sous le nom de Sissi fut aussi une grande adepte de cette mode.

Un an après elle florissait en Océanie, où les belles dames de Tahiti ne le cédaient en rien aux élégantes du boulevard des Italiens. De Saint Saint-Pétersbourg à New-York, il n’était d’élégance suprême qu’en portant une robe à crinoline, seule la Grande-Bretagne se faisait tirer l’oreille pour adopter la dernière invention française, la reine Victoria détestant cette mode, la trouvant trop « m’as-tu vu ».

Virginia, comtesse de Castiglione, maîtresse de Napoléon III et la princesse Romanov

Le marché mondial explosant en 1860, des industriels Américains entreprirent de répondre à cette demande aussi soudaine que gigantesque. Les frères Thomson (W S et E H) qui avaient depuis quelques années une petite usine à New York, vont rapidement se retrouver à la tête d’une des premières multinationales de la mode, puisqu’ils ouvriront en moins de deux ans, trois autres usines entièrement dévolues à la fabrication des crinolines. Une à Londres, une en Allemagne à Annaberg, et une en France, à Saint Denis, près de Paris. Chacune de ces usines emploie des centaines d’ouvriers, principalement des femmes, l’usine de New-York employant à elle seule plus de mille personnes qui fabriquent quotidiennement 2000 jupes crinolines qui sont expédiées aux quatre coins du monde.

A cartoon depicting a Crinoline factory, showing the hoop frames that supported billowing skirt

La forme de la crinoline évoluera rapidement pour essayer d’être plus pratique. La forme « cloche » étant invivable au quotidien, dès 1866, les couturiers et les fabricants s’essaieront à une forme plus aplatie sur le devant (ce qui permettait de danser plus aisément) et uniquement rebondie sur l’arrière. La mode des crinolines  s’évanouissant presque aussi vite qu’elle s’était imposée, les frères Thomson, se reconvertiront avec succès en fabriquant des corsets pendant trois décennies, sous la marque « Thomson’s Glove Fitting Corsets ».

crinolines

 En France, la fabrication de ces jupes cages n’est pas l’apanage exclusif des industriels américains. En effet, au centre de la France, à Valentigney près de Sochaux, deux frères ont une petite usine de transformation métallique d’outillage et de laminage. Leur ouverture d’esprit les pousse à diversifier leurs produits. Ils s’essayent aux accessoires ménagers et c’est un véritable succès : leur moulin à café manuel sera un des best-seller de cette fin du 19ème siècle, mais la mode foudroyante des crinolines attire aussi leur attention et ils fabriqueront très vite cette jupe cage plébiscitée par toutes les Françaises aisées ; 250 000 crinolines sortiront chaque année de leur petite usine. Pour augmenter leur capacité de production, ils prendront une usine plus grande, mais la mode étant changeante, ce ne sont pas les jupes cages qui occuperont ces nouveaux bâtiments, mais une toute nouvelle invention. Après avoir beaucoup travaillé pour la mode, les deux frères feront fortune dans l’automobile; ils s’appelaient Jules et Emile PEUGEOT.

peugeot-crinolineLa crinoline de Peugeot pèse entre 200 à 400 grammes, elle est composée de rubans métalliques reliés par de petits ressorts. En 1852,  Peugeot  produit 25 000 crinolines  par mois, soit un millier par jour. Le passage au corset se fait sans mal puisque ce dernier se construit autour  de buscs et de baleines similaires à ceux de la crinoline. En 1866,  Valentigney  usine 6 000 corsets par jour.

Caricatures, Pamphlets, Accidents et Incendies

Si la mode des crinolines ravissait les femmes, toutes fières de n’avoir jamais pris autant d’importance, les caricaturistes, les pamphlétaires et les chansonniers de l’époque en étaient encore plus satisfaits, les excès et les malheurs de ces « femmes cloches » ou « femmes ballon », faisant leurs délices.

Accident... de crinoline

Il faut dire que le comble du ridicule et du mal commode avait été atteint vers 1862 quand les crinolines pouvaient atteindre 1,80 m de diamètre, soit près de 2,5 mètres carrés au sol. L’ouverture des portes restant inchangée, le passage d’une pièce à l’autre devenait une aventure. La mode, tout aussi contraignante des paniers, un siècle auparavant, avait eu au moins l’avantage de permettre le passage d’une pièce à l’autre en se déplaçant latéralement.

1858 Crinolines Epinal 11Pour les crinolines, il n’en était pas question, tout mouvement était un problème. A l’intérieur, les élégantes faisaient tout tomber sur leur passage, à l’extérieur, le moindre vent transformait la belle en bateau ivre. La vie quotidienne même s’était adaptée à ces extrémités.

Au théâtre, la capacité d’accueil des loges avait été divisée par deux, au bal, les dames ne dansaient plus que bras tendus, les cochers ne prenaient plus qu’une cliente à la fois…

1858 Crinolines Epinal 13Tous ces problèmes n’étaient que bien peu de choses au regard du principal problème, qui, curieusement, a été complètement gommé au vingtième siècle, la sécurité. Quotidiennement, les dames en crinolines se font happées par les voitures hippomobiles, par les machines outils de toutes sortes, on dénombre chaque jour de nombreuses blessées. Mais c’est le feu le principal ennemi de celles que l’on peut réellement appeler les premières victimes de la mode.

En cette fin de siècle, le chauffage et l’éclairage fonctionnent entièrement avec des flammes vives. Dans chaque pièce : une ou plusieurs cheminées et pour s’éclairer, des bougies, des lampes à huile ou les tout nouveaux becs de gaz. Le danger est partout ! De plus la crinoline est une cloche remplie d’air, enveloppée de tissus hautement inflammables, le feu prend donc facilement et se développe très rapidement. C’est ainsi que des milliers de cas d’incendies de crinoline seront à déplorer aux quatre coins du monde, faisant de nombreuses victimes.Tragic Deaths of Oscar Wilde Half-Sisters

Parmi celles-ci, Oscar Wilde aura la douleur de perdre ses deux jeunes sœurs Mary et Emily lors d’un bal donné en leur honneur, mais c’est à Santiago du Chili que la mode des crinolines fera le plus de victimes. Il est 7 heures du soir en ce 8 Décembre 1863, la cathédrale est bondée, principalement femmes et enfants sont venus assister à la messe en l’honneur de l’immaculée conception. Tout à coup, la panique s’empare des fidèles, une épaisse fumée se dégage du toit et d’impressionnantes flammes s’emparent du bâtiment. Les morceaux de toiture incandescents tombent du centre de la nef, et rapidement les deux portails latéraux de l’église sont saturés par l’afflux des femmes en crinolines qui tentent désespérément de s’enfuir. Les encombrantes robes obstruent les voies d’évacuation possibles et rendent impossible les sauvetages. La quasi totalité des personnes présentes à la cérémonie périra dans des circonstance atroces. On dénombrera plus de deux mille victimes et cet incendie reste à ce jour l’un des plus meurtriers de l’histoire.

L'INCENDIE DE L'ÉGLISE DE LA COMPAGNIE DE JESÚS » LE 8 DÉCEMBRE 1863 À SANTIAGO DU CHILI. GRAVURE D'ERNEST CHARTON DE TREVILLE

La fin de la crinoline, le début de la tournure

Il suffira d’une bataille perdue à Sedan en 1870, pour que le second Empire cesse de briller de tous ses fastes et apparats. Celui qui avait été le premier président de la République, puis le deuxième Empereur des Français, n’est désormais plus rien. L’impératrice Eugenie son épouse, qui avait été le phare mondial de la mode et la principale instigatrice de la folie des crinolines, retourne à l’anonymat. L’heure n’est plus au luxe dispendieux, mais à la rigueur de la troisième république et à ses soubresauts révolutionnaires. Des 1871, la Commune, guerre civile parisienne sanglante, sonne définitivement le glas des excès monarchiques.

Mais le changement de régime politique n’affectera en rien le costume féminin qui continuer à perpétuer son goût pour le XVIIIe siècle et le style tapissier. La crinoline cèdera la place à la tournure. Cette armature métallique faite de demi-cerceaux donne à l’arrière de la jupe un aspect caractéristique qui justifie par ses rembourrages le terme familier de faux-cul.

Après 1870, tournure - dite aussi le faux cul

Crinoline et tournure ont exactement la même fonction déjà recherchée à d’autres époques avec le vertugadin : soutenir l’ampleur de la jupe, et souligner par contraste la finesse de la taille ; toute la mode du  19ème siècle vise à accentuer les courbes féminines naturelles par le double emploi du corset  pour affiner la taille et d’éléments pour accentuer la largeur des hanches (crinoline, tournure, drapés bouffants…)

Texte : © Patrice Gaulupeau/Nuits de Satin

Référence :

Les chronique du château de Compiègne par Pierre Quentin Bauchart, 1911

Le Corset dans l’art et les mœurs du XIIIe au XXe siècle de F. Libron et H. Couzot, 1933

Deux siècles de Lingerie & Corsets à Shanghai en 2017

Exposition au Sinan Mansions à Shanghai

Du 13 Janvier au 25 Mars 2017

2 Exposition Shanghai

Deux siècles de lingerie : Vintage or Modern

3 Exposition Shanghai Centre Sinai Mansions – Affiche de l’exposition « Vintage or Modern »

1 Exposition Shanghai

Room 1 – 1775 till 1900s

De  « Marie-Antoinette » à « Titanic » 

De 1775 à 1975, des paniers de Marie-Antoinette aux Dessous de Chantal Thomass, le Centre Sinan présente deux siècles d’excellence du savoir-faire français ou plus largement occidental dans le monde de la lingerie. Cette exposition propose une centaine de pièces textiles extraites d’une des plus grandes collections au monde, la collection « Nuits de Satin Paris», qui comporte plus de 5000 pièces de lingerie, corsets et balnéaire. Vous verrez, à travers cette exposition, l’évolution de la lingerie, l’évolution de la société et celle sociologique de la Femme, des innovations industrielles, de belles matières, de l’artisanat  raffiné, des talents et des créations, de l’excellence…

Corset Crinoline Nuits de Satin Shanghai

From 1775 to 1975, from the side-hoops (paniers) of Marie-Antoinette to the Underwear of Chantal Thomass, the center presents two centuries of excellence of French savoir-faire, or know-how, in the world of lingerie. This exhibition offers a hundred textile pieces taken from one the biggest collections in the world, the «Nuits de Satin Paris », collection which includes more than 5000 pieces of lingerie, corsets, and swimwear.

从1775年至1975年,从玛丽·安托瓦内特的华丽裙摆到尚达尔·托马斯的精致内衣,思南公馆在此展览里呈现代表了两个世纪以来的法国甚至是欧美内衣界的精髓。此次展览您将从上百件展品中领略到两百年来内衣变迁的缩影。《巴黎丝绸之夜》博物馆的内衣收藏系列在世界上富有盛誉,有着多达5000多件的藏品,其中有各式的内衣,紧身胸衣和花样斑斓的泳衣等。此次展览,您将从上百件精选的展品中,领略到两百年来内衣时尚的变迁、社会发展以及女性的思想变革史、工业的制造与发明、优良材料的运用、细致的传统手工、设计师们的才能与创造力、精益求精的追求……

 

Crinolines et tournures – Crinolines and bustles

M Exposition Shanghai

Corset anglais en lin de 1775 composé d’environ 80 baleines en bois – Hauteur dos 23 cm, fermeture par 7 œillets et Panier de 1775, ancêtre de la Crinoline et de la Tournure.

Crinolines and bustles predecessor – Panier from 1775 and English linen corset from 1775, made of 80 wooden whalebones – Height in the back 23 cm, fastened by 7 eyelets.

克里诺林裙和箍圈裙的前身:1770年的帕尼耶裙。1775年的英式亚麻紧身胸衣,由约80枚木制撑骨组成, 后片高度23厘米, 7个眼扣用于紧固。

A gauche – Jupe cage de 1890 formée de cerceaux de lames d’acier flexible reliés entre eux par des bandes de gros grain rouge et attachés à une ceinture également en gros grain. Hoop skirt from 1890 formed of hoops of flexible steel strips connected together by strips of coarse red grain and attached to a belt also made from coarse grain.

A droite – Jupe cage avec tournure intégrée en gros grain, acier et cuir de 1885 – Hauteur 85 cm – 25 arceaux. Hoop skirt with an intergrated coarse grain, steel, and leather bustle made in, 1885 – Height 85 cm – 25 hoops.

Corset Crinoline Nuits de Satin ShanghaiCrinoline de 1860 formée de cerceaux de lames d’acier flexible reliés entre eux par des bandes de gros grain et attachés à une ceinture également en gros grain. Corset 1860 en coton crème broché floral jaune, orné de broderie ivoire sur le haut et le bas – Busc de 31 cm avec 5 attaches dont 3 en forme de tête de cygne – Tour de taille 58 cm.

Crinoline from 1860 made from hoops of flexible steel strips connected together with strips of coarse grain and attached to a belt also made from coarse grain.Cream cotton corset from 1860 brocaded with yellow flowers, decorated with ivory embroidery on the top and bottom – Busk is 31 cm with 5 ties – Waist size 58 cm.

1860年的克里诺林裙撑,用柔韧的钢片做成箍圈,再用数枚布条连接起来并附着在也是布质的腰带上。1860年的乳白棉质黄色花卉织锦紧身胸衣,顶部和底部均镶象牙色刺绣,无内衬,有24枚撑骨;胸衣撑长31厘米,带5枚搭扣,其中3枚呈天鹅头冠形状,腰围58厘米。

Nuits de Satin Shanghai Lingerie CorsetDéshabillé époque Second Empire 1860 en satin rose , dentelle Chantilly noire et tulle « Point d’Esprit » ivoire porté par la célèbre actrice française Martine Carol dans le film « NANA » d’après le roman d’Emile Zola.

Nightdress era Second Empire 1860 in pink satin, black Chantilly lace, and ivory « Point d’Esprit » tulle, worn by the famous French actress Martine Carol in the movie « NANA » based on the novel of Emile Zola.

 

Le port du CorsetWearing a Corset穿紧身胸衣是一种必须

Le port du Corset est une obligation. Dès leur plus jeune âge, les petites filles en sont vêtues, pour ne pas dire équipées, et si elles n’ont la taille vraiment resserrée qu’à l’adolescence, le Corset fait partie intégrante de leur vie, de leurs premiers mois jusqu’à leur dernier souffle. Pour accompagner leur vie quotidienne, le corset sera de jour, de matinée, de sport, de cavalière, pour bicyclette, de repos, ainsi que bien sûr, de grossesse, d’allaitement ou de nourrisse. Chaque population a ses fournisseurs. Les corsets ordinaires, en coutil beige sans décoration pour le petit peuple, viennent principalement de Lyon. Les corsets parisiens en satin de soie de couleur, évantaillés, brodés et brochés, répondent aux besoins de luxe de la haute bourgeoisie, nouvelle classe dominante de cette deuxième moitié du 19ème siècle.

Corset Crinoline Nuits de Satin ShanghaiCorsets de 1880 à 1920

Nuits de Satin Shanghai Lingerie CorsetCorset en coton bleu ciel 1890′ de marque « CATALINA MUS corsetera – Espagne » évantaillé et brodé de soie bleue, orné d’une blonde sur le haut et d’une chenille de velours de soie en bas, gorge baleinée et cordée, doublé et comportant 32 baleines – Busc de 26 cm avec 4 attaches – Tour de taille 50 cm

Sky blue cotton corset 1890′ labelled ‘CATALINA MUS corsetera, Spain, fan-shaped and embroidered with blue silk, decorated with lace on top and silk velvet on the bottom, whalebones and cordes at the bosom, lined and made of 32 whalebones – Busk 26 cm with 4 ties – Waist size 50 cm

Nuits de Satin Shanghai Lingerie CorsetCorset 1902 en coutil beige, évantaillé en coton rose , orné d’une broderie sur le haut , gorge cordée, non doublé, présence de 2 attaches-bas et comportant 30 baleines – Busc de 34 cm avec 5 attaches dont 1 inversée – Tour de taille 50 cm

Beige coutil corset from 1902, fan-shaped in pink cotton, decorated with embroidery on the top, cords at the bosom, unlined, 2 fastenings, and made of 30 whalebones – Busk is 34 cm with 5 ties including one reversed – Waist size 50 cm

15-nuits-de-satin-shanghai-corsetCorset en coutil marron 1890′ de marque « Cirdaline modèle 98588″ évantaillé coton ivoire orné d’une dentelle ivoire sur le haut et cordé sur toute la partie basse, gorge baleinée, doublé et comportant 50 baleines – Fermeture et réglage de la taille par un système de rubans en gros grain- Busc de 32 cm avec 6 attaches – Tour de taille 54 cm

Brown coutil corset from 1890 from the ‘Cirdaline design 98588’ label, fan-shaped in ivory cotton, decorated with ivory lace on top and cords on the bottom, whalebones at the bosom, lined, and made of 50 whalebones – Fastened at the waist by a system of coarse grain ribbons – Busc is 32 cm with 6 ties – Waist size 54 cm

Nuits de Satin Shanghai Lingerie CorsetCorset d’été 1910 « très enveloppant », forme spéciale pour tailles longues, en toile écru de marque « Excelsior », orné de broderie ivoire sur le haut, 6 jarretelles à boucles réglables fleur de lys, comportant 18 baleines – Busc de 31 cm avec 5 attaches – Tour de taille 50 cm.

Summery ‘enveloping’  corset 1910′, made for tall waists, in ecru hessian, labelled ‘Excelsior’, decorated with ivory embroidery on top, 6 garters with adjustable buckles, made of 18 whalebones  Busk is 31 cm with 5 ties – Waist size 50 cm

Nuits de Satin Shanghai Lingerie CorsetCorset d’été 1910 à rayures bleues et blanches .Large dentelle sur le haut du buste avec ruban de soie bleu ton sur ton et gros noeud de même soie. Ce genre de corset été porté pour les séjours au bord de la mer. Hauteur : 45 cm et tour de taille: 58 cm « 

Summer corset from 1910 with blue and white stripes .Large lace on the top of the bust with blue silk ribbon tone for tone and big bow made from the same silk. This kind of corset was worn for stays by the sea. Height: ~ 17,5  » – Waist: ~ 23 « 

Nuits de Satin Shanghai Lingerie CorsetCorset 1920′ en tissu broché floral jaune pâle et jaune d’or, de marque « Lafayette – modèle Espécé » orné d’un ruban de satin jaune repiqué de 2 guirlandes de fleurs sur le haut , non doublé, présence de 4 jarretelles en satin jaune et comportant 10 baleines plates – Busc de 25 cm avec 5 attaches – Tour de taille 62 cm

Corset from 1920 brocaded with pale and golden yellow flowers, from the ‘Lafayette – design Espécé’ label, decorated with a yellow satin ribbon with 2 flowery garlands pricked out on the top, unlined, 4 yellow satin suspenders, and made of 10 flat whalebones – Busk is 25 cm with 5 ties – Waist size 62 cm

Room 2 – 1900s till 1950s’

De la « Belle Epoque » au New-Look » 

A Paris, baptisée capitale du monde, les années 1900 sont un feu d’artifice, un défilé de mode et une fête permanente. La femme étant le centre de toutes les attentions, qu’elles soient épouses de grands bourgeois, artistes ou cocottes, elles se doivent d’être les plus belles, de paraître les plus riches. On se ruine en toilettes, les robes sont somptueuses, les dessous aussi. La lingerie de corps est en coton blanc finement brodé et rubané,  le corset, toujours incontournable, jette ses derniers feux.

Nuits de Satin Shanghai Lingerie 1900 Corset 1900

In Paris, baptised the fashion capital of the world, the 1900s were an explosion, a fashion show, and a permanent party. Women were the centre of attention, whether they were the wives of the bourgeois, artists or mistresses, they had to be beautiful, to appear the richest. One ruined oneself on grooming, sumptuous dresses, and underwear too. The lingerie de corps made from white cotton finely embroidered and ribboned, lush Petticoats in brightly coloured silk, the corset, still indispensable, playing its last tricks.

1900年的巴黎,作为美好年代的世界首都宛如烟花般绚烂,泉涌着不断的时尚走秀和日日笙歌的盛宴。美丽的女性作为人们关注的焦点,不论是达官显贵的夫人,艺术名流的太太们,或者社交名媛,都在追求极致的美丽,这也是一种对于家族财富的彰显。这些女士们花大量的时间梳妆,裙子极具奢华,内衣也无例外。贴肤的内衣采用白色的高级棉料配以刺绣和华丽拴带,蓬松的丝质衬裙采用鲜艳活泼的颜色,紧身胸衣作为不可少的角色,大放异彩地进入它的尾声。

Déshabillés  en coton, batiste et dentelle mécanique brodée entre 1890 et 1900.

Nightdresses and pettycoats in white cotton, cambric and mechanically embroidered lace between 1890 and 1900

Jupe culotte en batiste et Brassière 1905 de marque « L’élégant » en broderie anglaise et ruban de soie avec attaches jarretelles. Combiné en coton coutil, tulle élastique et dentelle 1915/20.

Cotton pettycoat and Brassiere from 1905 from the « The elegant » label with broderie anglais and and silk ribbon with suspender belts.Corselet in drill cotton, elasticated tulle and lace 1915/20.

 

Les Années Folles (1919 – 1930) –  The Roaring Twenties – 疯狂年代

Nuits de Satin Shanghai Lingerie 1930Déshabillé et nuisette en satin de coton saumon années 30.

Au sortir de la guerre, l’Europe fait table rase du passé. On veut oublier et retrouver l’insouciance des années 1900. Les mœurs et la mode vont être radicalement bouleversés. Au milieu des années 1920, le terme de « Garçonne », en référence à la nouvelle silhouette très masculine, devient alors synonyme de femme émancipée, active et autonome, libre de ses mouvements; c’est la première révolution féministe. « Les Garçonnes » vont faire ce qui ne s’était jamais fait : couper leurs cheveux très courts, fumer, conduire vite, montrer leurs jambes, porter des pantalons et tenter d’être autonomes.

Au niveau mode, la coupe des robes est droite, tubulaire, longiligne; il n’y a plus de taille, elle est abaissée au niveau des hanches. Pour la première fois dans l’histoire du costume féminin, les jambes sont découvertes jusqu’au genou. Pour les dessous, c’est la même révolution, le corset disparaît et il est remplacé peu à peu par une gaine.

Lingerie soie 1920 Nuits de Satin ShanghaiNuisettes en soie et mousseline de soie années 30 

At the end of the war, Europe rance made a clean sweep from the past. One would forget and recapture the recklessness of the 1900s. Morals and fashion would be radically upset. In the middle of the 1920s, the term «Flapper Girls», was coined to represent the very masculine silhouette, thus became synonymous with the emancipated woman, active and independent, with freedom of movement, it was the first feminist revolution. The cut of dresses was straight, tubular, slender, there was no longer a marked waistline, it was lowered to the level of the hips. For the first time in the history of women’s costume, the legs were uncovered to the knee. For underwear, it was the same revolution, the corset disappear and it is replaced by a girdle.

Nuits de Satin Shanghai Lingerie 1930Nuisettes années 20 en mousseline de soie incrustée de dentelle.

战后,法国掀开新的篇章。人们要忘记1900年代的一切奢华及显露,时尚的潮流也急剧地变革了。从1920年代起,大男孩式的穿着风行起来:面料的裁剪男性化成为了女性独立,活跃和自主的标志。这也是第一次女性主义潮流。这些美丽的假小子尝试着曾未有过的女性变革:剪短发,吸烟,开快车,展示自己的美腿,穿裤子,并尝试独立自主。

在时尚的表现上,裙子的裁剪开始变成直筒的,纤细的,不在有过于细腰的讲究,裙子从腰部下移到胯部开始。在女性服装历史上第一次,女性的腿部能裸露至膝盖的部位。在内衣上,也是有同样的变革,紧身胸衣消失了,它被一种柔软面料从不高于腰部的地方包裹至腹股沟的形式所取代。我们看到了由吊袜带,文胸和内裤所组成的,或者是文胸和内裤连体的现代内衣的雏形。

E Exposition Shanghai

Le “New-Look”

En 1947, Christian Dior, un grand couturier qui va devenir mondialement célèbre invente une nouvelle ligne, le New-Look, qui est caractérisé par une taille fine, très marquée, une poitrine ronde et haut placée. Ses longues jupes sont larges, plissées, fluides et gonflées d’amples jupons. Le New-Look et la Guêpière sont intimement liés et Christian Dior précise d’ailleurs à l’époque : « Pas de mode sans sous-vêtements. ».

In 1947, Christian Dior, a grand couturier, who would become world famous, invented a new line, the New-Look, which is characterised by a strongly marked, narrow waist, and a rounded and high-placed bust. Its long skirts were broad, pleated, fluid, and inflated by large petticoats. New-Look and the Bustier are inextricably linked to Christian Dior stipulating at the time: «No fashion without underwear».

1947年,克里斯汀·迪奥成为举世瞩目的高级成衣制造者,开创了新的女性曲线:新面貌New-Look,这种新曲线的特征是细腰,强调与胸部曲线的对比,并将胸部圆型化并托高。此外用衬裙撑起来的宽摆长裙,褶边,顺滑。迪奥先生将New-Look与蜂腰式紧身胸衣紧密配搭,并且他在那时重点讲述 : « 没有内衣,没有时尚»。

Nuits de Satin Shanghai Lingerie 1950 Dior New-LookJupon Christion Dior époque « New Look » en tulle rigide et dentelle de Calais 1947 et soutien-Gorge en mousse rigide et nylon époque  » New Look  » 1947/48.

 

La Guêpière –The Bustier –蜂腰式紧身胸衣

 Inventée par Marcel Rochas en 1947, la Guêpière va devenir le must de la lingerie française, une pièce d’exception fabriquée par les marques de luxe et réservée à une clientèle aisée, pour les femmes soucieuses de leur séduction.

Created by Marcel Rochas in 1947, the Bustier would become the must have of French lingerie, a piece produced by luxury brands and reserved for a wealthy clientele, for women mindful of their powers of seduction.

在1947年,由马塞尔·洛查斯于发明的古皮埃尔紧身衣(蜂腰式紧身胸衣)成为了法式内衣的必备,尤其成为著名大牌们为身份尊贵的名媛定制的单品,是她们展示性感的利器。

F Exposition ShanghaiBrigitte Bardot, Marilyn Monroe, Sophia Loren et Dita Von Teese en guêpière.

Nuits de Satin Shanghai Lingerie 1950 Dior New-LookGuêpières des années 50 – Bustiers from the 50s

Nuits de Satin Shanghai Lingerie 1950 Dior New-LookGuêpière juponnée « Simone Pérèle » de 1950′ environ 51-52 en nylon jaune recouverte de dentelle de Calais jaune et agrémentée d’un ruban de velours rouge, volant en dentelle de 30cm.

Bustier ‘Simone Pérèle’ from the 1950s, around 51-52, in yellow nylon covered with yellow Calais lace and embelished with a red velvet ribbon, and a 30 cm lace flounce.

Room 3 – Les années 50/60  –  50/60年代    最好与最坏

 

 Si les années 50 furent l’âge d’or de la lingerie et de la féminité, les années 60 en furent le crépuscule. Le Nylon qui avait permis toutes les audaces, fut tout à coup remplacé par une autre fibre, qui pour la première fois était extensible en tous sens. Le Lycra était né, et les marques s’en emparèrent pour créer une nouvelle lingerie, plus simple, plus fonctionnelle, plus minimaliste.

Dans le même temps, la mode était à la mini-jupe, qui ne permettait plus le port des bas et par conséquence imposait le port du collant. La lingerie devint presque invisible à l’exception de la mode éphémère des panties pour le jour et des babydoll pour la nuit.

H Exposition Shanghai

Jupons, Soutien-gorge, porte-jarretelles et babydoll des années 60 – Bras, patticoats, garter-belts and babydoll from 60s

Babydoll des sixties

Nuits de Satin Shanghai Lingerie 1960 Jupon GuepiereEnsemble soutien-gorge et porte-jarretelles avec jupon en dentelle de Calais jaune de marque. Petits nœuds décoratifs en velours violet « Simone Pérèle ».

Bra and suspender belt with petticoat set in yellow Calais lace. Small decorative bows in purple velvet « Simone Pérèle » .

Nuits de Satin Shanghai Lingerie 1960 Jupon GuepiereDéshabillés et panties années 70 – Nightgowns and panties 70′

If the 50s were the golden age of lingerie and femininity, the 60s were the dusk. Nylon, which had allowed all forms of daring, was suddenly replaced by another fiber that for the first time was expandable in every sense. Lycra was born, and the brands seized it to create new lingerie, simpler, more functional and more minimalist.

At the same time, the fashion was for the mini-skirt, which did not allow stockings to be worn and in effect imposed the wearing of tights. Lingerie became almost invisible except for the passing fashion of Panties for the daytime and Babydoll for nighttime’s.

G Exposition Shanghai

Chantal Thomass –尚达尔托马斯)

En 1975, les dessous chics français font leur grand retour avec Chantal Thomass et sa lingerie noire, qui est encore aujourd’hui l’image de la féminité rayonnante.

In 1975, chic French underwear made its big comeback with Chantal Thomass and her black lingerie, which is still today the image of radiant femininity.

在1975年,尚达尔·托马斯带着她的黑色复古内衣强势回归,迄今为止,这依然是内衣史上展现女性光辉的精彩一幕。

49-nuits-de-satin-shanghai-corsetExpositions photos Harcourt Chantal Thomass lingerie

47-nuits-de-satin-shanghai-corset

Expositions de photos de corset

48-nuits-de-satin-shanghai-corset

Vernissage de l’exposition – The great Opening

13 Janvier 2017

Exposition lingerie corset Shanghai Nuits de SatinLingbo Zheng, co-planner of the exhibition

Directeur du Musée et Attachée du Consulat de France à Shanghai

51-nuits-de-satin-shanghaiWelknown Chinese dancer

 

Cérémonie de l’inauguration de l’exposition – Les ciseaux d’or pour couper le ruban

Ghislaine Rayer Nuits de Satin Shanghai lingerie corset

Le directeur du Sinan Mansions, l’attachée du Consul, Lingbo Zheng, Ghislaine Rayer et Patrice Gaulupeau

Ghislaine Rayer Nuits de Satin Shanghai lingerie corset

Ghislaine Rayer Nuits de Satin Shanghai lingerie corset

Ghislaine Rayer Nuits de Satin Shanghai lingerie corset

67-nuits-de-satin-shanghai

Ideal Shanghai Magazine

ghislaine-rayer-shanghai-nuits-de-satin

Expositions Bikini en 2016

 Expositions en  2016      

        « THE TUNNEL »  269 11th Avenue 

Manhattan – New-York – September 2016

Exposition Bikini Nuits de Satin à New-York

An exhibition dedicated to iconic swimwear to mark the 70th Anniversary of Bikini.

The Bikini exhibition, was curated by Ghislaine Rayer and Patrice Gaulupeau,  world-famous swimwear collectors and writers of the book ‘Bikini, The Legend’.

The exhibition’s opening night commenced on September 21 with a cocktail networking event and continued through the duration of Interfilière New York.

exposition-bikini-nuits-de-satin-new-york-0

Focus sur les bikinis des années 60/70 : « L’âge d’or du Bikini »

exposition-bikini-nuits-de-satin-new-york-1

exposition-bikini-nuits-de-satin-new-york-2

exposition-bikini-nuits-de-satin-new-york-3

exposition-bikini-nuits-de-satin-new-york-4

….

 Settembre  2016 – Linea Intima Point

Officina 14 Via Tortona 14 – Milano

Durante la serata Presentazione di una selezione della collezione storica di Bikini Saranno rilasciate alcune dediche personali dagli autori

Durante la Fashion Week a Milano con un Cocktail per la presentazione in anteprima per l’Italia del libro “BIKINI LA LÉGENDE” Intervengono Madame Ghislaine Rayer e Monsieur Patrice Gaulupeau, autori.

invito-70-anni-del-bikini

bikini-la-legende-ghislaine-rayer

bikini-la-legende-ghislaine-rayer-et-marco-pisani-a-milan

….

 

 

 

 

EXPOSITION GALERIE FROISSART DANS LE MARAIS A PARIS

À l’occasion des 70 ans de la création du Bikini, la plus glamour des inventions françaises, et de la sortie du livre « Bikini, la légende » par Ghislaine Rayer et Patrice Gaulupeau, aux Editions Michel Lafon, la Galerie Joseph-Froissart présente pendant tout l’été, une exposition retraçant l’histoire du fameux deux pièces et de son créateur Louis Réard.

1 BIKINI-Galerie-Joseph- Nuits de Satin

12 Ghislaine Rayer BIKINI-Galerie Joseph-

Une belle campagne publicitaire!!!

3 Bikini Tour Eiffel Nuits de SatinBikini et la Tour Eiffel

4 BIKINI  La Seine-Galerie-Joseph- Nuits de SatinBikini au bord de la Seine et devant les Invalides

3 BIKINI Champs Elysées-Galerie-Joseph- Nuits de SatinBikini sur les Champs Elysées

5 BIKINI-Galerie-Joseph- Nuits de Satin

8 BIKINI-Galerie-Joseph- Nuits de Satin

7 BIKINI-Galerie-Joseph- Nuits de Satin

9 BIKINI-Galerie-Joseph- Nuits de Satin

11 BIKINI-Galerie-Joseph- Nuits de Satin

2 Ghislaine Rayer BIKINI Nuits de Satin

« BIKINI, la légende » chez Michel Lafon

 

 « Bikini, la légende » de Ghislaine Rayer et Patrice Gaulupeau

BIKINI_COUV-W

 Lien pour acheter le livre

 

Présentation des auteurs

Experts et historiens du balnéaire, de la lingerie et des corsets, Ghislaine Rayer et Patrice Gaulupeau ont constitué depuis près de 20 ans une collection riche de plus de 5 000 pièces textiles et de milliers d’archives.

Cette collection connue sous le nom de « Nuits de Satin » est aujourd’hui une des plus importantes au monde (musées inclus). Elle est constituée d’un très riche département « corset » retraçant la période allant de 1820 à 1920, et de centaines de guêpières, soutien-gorge, déshabillés et porte- jarretelles qui sont les témoins de l’histoire de la Lingerie de 1860 à 2000.

La collection  » Nuits de Satin » possède aussi 500 maillots de bain dans un état de conservation exceptionnel, qui font revivre un siècle d’histoire du Balnéaire de 1880 à 1980.

Présentation du Livre   « Bikini, la légende »

Le Bikini a 70 ans cette année, et pour fêter dignement cet anniversaire, Ghislaine Rayer et Patrice Gaulupeau ont écrit un livre sur cette « Petite Invention Française » qui a révolutionné l’histoire de la mode et qui est plébiscitée chaque été par des millions de femmes sur toutes les plages de tous les pays. 

Richement illustré de centaines de photos et documents rares ou inédits, cet ouvrage de 192 pages  raconte, pour la première fois, la véritable histoire du Bikini et de son inventeur Louis Réard ainsi que de sa présentation le 5 juillet 1946 à la piscine Molitor. Les auteurs ont effectué pendant près de 2 ans un travail d’investigation digne d’une enquête policière et sont devenus à cette occasion les biographes de Louis Réard. Leurs révélations en surprendront plus d’un, la réalité étant bien éloignée de tout ce que vous avez pu lire jusqu’à présent.

W4-BIKINI_p-64-65

Dans cet ouvrage, on peut trouver, entre autres :     

– Une rétrospective du balnéaire, débordante de petites histoires et d’anecdotes.

– Bunny Yeager la Pin-Up/photographe et de son célèbre modèle Bettie Page

– Une galerie de portrait de stars hollywoodiennes en maillot de bain

– La folie des Concours de Miss en Bikini dans les Années 60

– Le Bikini d’Ursula Andress dans le film James Bond contre Dr No

– Brigitte Bardot et le Bikini : une histoire d’amour

– La chronique du tube planétaire Itsy, bytsie, petit bikini

– Et pour la première fois, la biographie de Louis Réard…

– Vous croiserez aussi des icônes hollywoodiennes telles Marilyn Monroe, Jane Mansfield, Raquel Welch, Ursula Andress, Liz Taylor ou Bettie Page, mais vous y verrez aussi de magnifiques photos de Brigitte Bardot, meilleure ambassadrice du Bikini dans le monde.

W10-BIKINI_livre-pour-UK63

W6-BIKINI_livre-pour-UK50

Presse

 Emission C à Vous sur France 5 du 17 Juin

Magazine annuel « Mer & Port St Tropez »

Mer & Port St Tropez Ghislaine RAYER 1

 

 

 

 

 

PRESSE  PASSAGES  TELES

C’A VOUS – France 5 Emission du 23 Juin La femme du jour,  Ghislaine Rayer
FIGARO TV Emission du 23 Juin On ne parle que de ça
TF1 Emission du 1er Juillet JT de 13h avec Jean-Pierre Pernaud
LCI Emission du 4 Juillet JT CULTURE
BFM TV Emission du 4 Juillet Bikini,la légende
FRANCE3 Emission du 11 Juillet Le bikini fête ses 70 ans mais ne fait plus scandale
FRANCE2 TELE MATIN Emission du 29 Juillet Des livres pour ne pas bronzr idiots cet été
France TV INFO CULTURE BOX Emission du 11 Juillet Deux expos, un livre : le bikini
France 3 RHONES ALPES Emission du 8 Juillet Le bikini a 70 ans
France 3 COTE D’AZUR Emission du 11 Juillet Le bikini a 70 ans
TF1 JT WE du 6 Août Le bikini, 70 ans de courbes et de soleil
TV5 MONDE Emission du 12 Août Le bikini a 70 ans
THALASSA Emission du 20 Mai Grandes vacances, la ruée vers la mer

PRESSE RADIOS

EUROPE 1 Emission du 22 Juillet Patrice Gaulupeau, pour son livre « Bikini, les 70 ans »
RTL Emission du 12 Juillet La curiosité est un vilain défaut
France INTER Emission du 5 Juillet Les 70 ans du Bikini
France INFO Emission du 5 Juillet Il y a 70 ans que naissait le Bikini
France CULTURE Emission du 8 Août La grande table d’été : le Bikini

 

PRESSE JOURNAUX ET MAGAZINES

LE FIGARO Journal du 12 Mai La Grande Histoire d’un petit maillot
ELLE Magazine du 3 Juin Sexy birthday Bikini
PARISIEN Magazine du 24 Juin Le bikini, 70 ans de scandale
AVANTAGES Magazine d’Août La saga du Bikini
INTIMA Magazine Juillet/Août/Septembre Bikini, les 70 ans d’une légende
OUEST France Journal du 5 Juillet Le joli petit bikini souffle ses 70 bougies
LA VOIX DU NORD Journal du 5 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
LA DEPECHE DU MIDI Journal du 5 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
20 MINUTES Journal du 5 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
FEMME ACTUELLE Magazine du 5 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
LEPROGRES Journal du 5 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique
AFP LYON Journal du 5 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique

 

PRESSE ETRANGERE

Allemagne
ZDF – AFP Journal du 5 Juillet 70 Jahre Bikini:
HEUTE Journal du 5 Juillet Erst tabu, dann symbol der emanzipation
HNA Welt Journal du 5 Juillet 70 Jahre Bikini: Ein Mode-Schock feiert Geburtstag
WAS Journal du 3 Juillet Skandal um einen Hauch von Nichts
SCHWABISCHE.DE Publication du 5 Juillet 70 Jahre Bikini
Hannoversche Allgemeine Publication du 4 Juillet Der Bikini – Eine Enthüllungsgeschichte
Suisse
24 HEURES Journal du 5 Juillet Le bikini naissait il y a 70 ans
TRIBUNE DE GENEVE Journal + Web du 4 Juillet Le bikini symbole de liberté
TRIBUNE DES ARTS Journal du 5 Juillet Tout, petit, petit bikini
RTS Publication du 7 Juillet B comme Bikini
TRIBUNE DE GENEVE/Suisse Publication du 4 Juillet Le Bikini symbole de liberté
GENERATIONS PLUS.CH Publication du 5 Juillet Le bikini fête ses 70 printemps
Belgique
LE SOIR Journal du 5 Juillet Le Bikini a 70 ans et ne rime plus vraiment avec liberté
Ciné-Télé-Revue Journal du 5 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
RTBF Publication du 11 Juillet A 70 ans, le bikini fait toujours l’effet d’une bombe atomique
CINE.TELE.REVUE.BE Publication du 23 Juin Ghislaine Rayer pour «Bikini, la légende»
Italie
RAI NEWS Publication du 3 Juillet Bikini: 70 anni… ma non li dimostra
RAI NEWS Publication du 5 Juillet 5 luglio 1946: buon compleanno Bikini
Brésil
RFI.FR Publication du 12 Juillet França,Terra natal do biquíni
ISTOÉ Independente Publication du 12 Juillet O biquíni, a ‘bomba anatômica’, completa 70 anos
CORREIO DO POVO Publication du 12 Juillet Biquíni completa 70 anos de história
Colombie
ALO.CO Publication du 16 Juillet Coleccionistas como Ghislaine Rayer
Chili
EMOL Publication du 5 Juillet Feliz cumpleanos, Bikini
Puerto-Rico
El NUEVO DIA Publication du 7 Juillet Bikini cumple 70 años
Maroc
FEMMES DU MAROC Publication du 5 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
Canada
JOURNAL DE MONTREAL.COM Publication du 5 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
Liban
AN NAHAR LIBAN Publication du 12 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique
Espagne
DONNA (Espagne) Publication du 17 Juillet Biquíni, a “bomba atômica” que revolucionou a moda praia

 

PRESSE WEB

ATLANTICO Publication du 29 Juin Et Brigitte Bardot créa (ou presque) le bikini…
BRIGITTE BARDOT OVERBLOG Publication du 11 Juillet Le bikini fête ses 70 ans avec B. Bardot
LIBERATION Publication du 1er Août Bikini : mini-maillot, maxi-show
France SOIR Publication du 25 Juin Le bikini symbole de liberté
L’OBS Publication du 11 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique
L’EXPRESS Style Publication du 7 Juillet 10 choses à savoir sur le bikini
L’EXPRESS Publication du 2 Août Happy Bikini!
BIBA Publication du 10 Juin Itsi bitsi tini ouini, tout petit, le bikini
LE PROGRES.FR Publication du 15 Juillet Le bikini fait toujours l’effet d’une bombe
20MINUTES Publication du 5 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
CAPITAL.FR Publication du 12 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
ORANGE ACTUALITES Publication du 11 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique
ORANGE INFO.MAG Publication du 20 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
LA DEPECHE.FR Publication du 17 Juillet Le bikini fait toujours l’effet d’une bombe
LA NOUVELLE REPUBLIQUE.FR Publication du 9 Juillet C’est l’été, toutes en bikini
13 ATMOSPHERE Publication du 13 Juillet Thierry Virviaire honore le bikini
JDC.FR Publication du 11 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique
METRONEWS Publication du 11 Juillet Les 70 ans du Bikini
LA SUCRIERE Publication du 9 Juillet Lyon fête le bikini
France 3 RHONES ALPES Publication du 8 Juillet 08.07.2016
France 3 COTE D’AZUR Publication du 11 Juillet 11.07.2016
CLICANOO.REUNION Publication du 12 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique
BONSANTE.FR Publication du 4 Juillet Le bikini symbole de liberté
LE POPULAIRE.FR Publication du 11 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique
1001DESSOUS.COM Publication du 7 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
MON WEEK-END A LYON Publication du 9 Juillet Les 70 ans du Bikini
LYON DE LYON Publication du 9 Juillet Les 70 ans du Bikini
LYON PLUS Publication du 16 Juillet Le bikini fait toujours l’effet d’une bombe
LYON FEMMES Publication du 11 Juillet Le bikini à l’honneur à la Sucrière
LE VIF WEEK-END Publication du 12 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
LE BERRY.FR Publication du 7 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique
FASHION UNITED Publication du 11 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique
ELLE.FR Publication du 5 Juillet Jeune et sexy, le Bikini a 70 ans !
OUEST France Publication du 5 Juillet Bikini, l’histoire d’une bombe anatomique
France INTER Publication du 5 Juillet Il y a 70 ans que naissait le Bikini
GL EVENTS Publication du 9 Juillet 70 ans d’une îcone française
ESSENTIEL Publication du 4 Juillet Bikini en fête
TELESCOOP Publication du 1er Juillet Ghislaine Rayer, docteur ès Bikini
LA FACE CACHEE DE KELLY Publication du 9 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
MP3 GANOOL.TK Publication du 23 Juin Le Bikini a 70 ans
JUALDIRI NEWS Publication du 12 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique
PEOPLE LOOKS Publication du 28 Juin Anniversaire de mode : Le bikini
AFFCCA Publication du 20 Juillet Bikini a 70 ans
VDS Publication du 20 Juillet « Les 70 ans du Bikini » à la Sucrière
AUCTION.FR Publication du 24 Juillet Le bikini fête ses 70 ans
TEXTILE/ART Publication du 9 Juillet « Les 70 ans du Bikini »
MODE CITY Publication du 9 Juillet « Les 70 ans du Bikini »
SELCIUS.FR Publication du 9 Juillet « Les 70 ans du Bikini »
FRENCH TOURISM.COM Publication du 9 Juillet ITSI, BITSI, PETIT BIKINI
ELOONY.FR Publication du 24 Juillet « Les 70 ans du Bikini » à la Sucrière
TV.MAG Emission du 20 Juillet LE BIKINI A 70 ANS
BOURSORAMA life style Publication du 5 Juillet Le bikini, 70 ans de polémiques
MON MAGAZINE Publication du 21 Juillet Lyon fête le bikini
MEN’S UP Publication du 29 Juillet Bikini story
EURONEWS Publication du 16 Août Opération Bikini
GRAZIA.FR Publication du 2 Mai Le bikini fête ses 70 ans
IMAZ PRESS (La Réunion) Publication du 24 Juillet A 70 ans, le bikini joue toujours la bombe… anatomique

L’Histoire du soutien-gorge

English version at the end.

mini fr flag

 L’Histoire du Soutien-Gorge

Pendant des siècles, la silhouette féminine est entièrement préoccupée par la partie basse du corps. La taille est le souci majeur. Il faut qu’elle soit la plus fine possible, par elle-même, ou par comparaison aux artifices fessiers qu’elle jouxte, comme les vertugadins, paniers, tournures ou crinolines. Plus les hanches et le postérieur sont importants, plus la taille parait fine. Mais pour le buste, rien n’est fait, au contraire, il faut faire disparaître la poitrine, dont le seul intérêt est d’être l’attribut de la mère nourricière.

1-3-Miroirs

A la fin du 19ème siècle, tout change. Les moyens de transport, l’urbanisme, l’éclairage, la photographie, l’explosion de la presse, les grands magasins, tout concoure à l’avènement d’un monde nouveau. Sous l’impulsion de la révolution industrielle, la mode s’adapte, elle aussi, à une nouvelle société avide de modernité, et le soutien-gorge sera la nouvelle pièce de la garde-robe féminine, pour son côté pratique dans un premier temps, puis rapidement pour son esthétisme. Au fil des temps, le soutien-gorge deviendra l’architecte de la silhouette et son rôle sera de confiner, d’aplatir, de soulever, de séparer ou d’augmenter le volume des seins…

2-1820-brassiere,-this-one-Brassiere  1820, collection Metropolitan Museum   

Lorsque nous évoquons le soutien-gorge actuel, c’est-à-dire des seins séparés, des bretelles d’épaules et une fermeture dans le dos, il est difficile de dire qui l’a réellement inventé,  car plusieurs corsetiers ont contribué à sa création et surtout à ses nombreuses évolutions !

En 1863, Luman L. Chapman, un corsetier américain de Camden dans le New Jersey, créé un soutien-gorge/bustier appelé « The first breast supporter ». Il dépose le brevet le 15 décembre mais son dépôt ne sera pas suivi d’une grande commercialisation.

3-Bust-forms-1860–75-Brookl 1860–75 Brooklyn Museum Costume Collection

Quelques années plus tard, un autre dépôt américain du 15 février 1876 sera effectué par Olivia P. Flynt. Il s’agit d’une brassière encore plus enveloppante, dénommée «Bust supporter», il sera commercialisé avec succès bien que son prix de vente soit assez onéreux. Il fallait en effet compter de 2,5 dollars à 7 dollars suivant les matières, pour acquérir la précieuse brassière qui, dès 1881, sera vendue par correspondance (un nouveau système de vente qui commence à se développer aux Etats Unis).

En Europe, il est couramment admis, à tort, que l’invention du premier soutien-gorge remonte officiellement à 1889, date de la présentation par Herminie Cadolle du premier « corselet-gorge » lors de l’Exposition Universelle de Paris. Outre que ce corset/soutien-gorge est présenté 13 ans plus tard que celui d’Olivia Flynt, ce modèle nommé « Bien-être » n’était pas encore un soutien-gorge indépendant puisqu’il était encore rattaché au corset dans le dos.

Le 11 Janvier 1893, aux États-Unis, Marie Tucek dépose le brevet d’un dispositif nommé « Breast supporter », une petite brassière qui, pour la première fois, n’est ni un corset modifié, ni un bustier, et comporte un emplacement pour chaque sein ainsi qu’un système de bretelles maintenues à l’aide d’œillets et d’agrafes. Ce modèle ressemble beaucoup au soutien-gorge à balconnet moderne. Porté par quelques amies de la géniale corsetière, ce sous-vêtement fut malheureusement un échec commercial, mais on peut considérer que Mary Tucek est la véritable « inventeur » du SG moderne, puisqu’elle a créé dans les années 1890, un modèle qui ressemblait déjà à ce que les femmes portent aujourd’hui.

Aux Etats Unis, à partir de 1890, avec le développement du chemin de fer, des Grands Magasins de la côte Est et de la vente par correspondance, les états ruraux du centre vont avoir accès aux mêmes produits que les grandes villes. Les ventes vont exploser et l’industrialisation de masse se fera dans la lingerie grâce, entre autres, aux frères Warner, corsetiers depuis 1875, et qui commercialiseront des SG à partir de 1902.

11 1904 Brassiere advertisement

Les débuts de cette pièce de lingerie ont donc été confus, chaque marque de corset s’essayant à la création personnelle. Le nom même de cette nouvelle pièce de lingerie changera aux grés des modes. Il sera nommé gorgerette, busterette (chez Persephone), callimaste, maintien-gorge, corselet ou brassière et sera réalisé essentiellement en coton, batiste ou broderie anglaise.

12-Brassière-1910-Brassière 1905 – Collection Nuits de Satin

C’est en 1904 que le terme « soutien-gorge » fait son entrée dans le dictionnaire Larousse. Il n’apparaîtra qu’en 1911 sous le nom de « brassière » dans l’Oxford English dictionnary, d’où l’origine du diminutif « bra » qui sera utilisé dans les pays anglo-saxons à partir de 1937.

1910 Collection VA – 1905 Collection VAM à Londres

Catalogue Fémina de 1911 et 1906

Il faudra attendre une dizaine d’années pour qu’en 1913, une jeune américaine, Mary Phelps Jacobs, écrivaine et féministe avant l’heure, plus connue sous le nom de Caresse Crosby,  crée un soutien-gorge avec 2 mouchoirs et du ruban de soie pour pouvoir porter sa robe de soirée au décolleté plongeant. C’est en tout cas ce qu’affirme sa légende… Ce modèle était en fait le précurseur du dos nu mais le devant n’était encore qu’une brassière. En 1914 elle vend son idée à Warner Brothers Corset Company dans le Connecticut, qui, 40 ans après ses débuts, s‘affirme comme la plus grande entreprise de corseterie au monde.

19-Mary-Phelps-Jacob

En 1920, un nouveau style vestimentaire naît pour donner une nouvelle silhouette. Le soutien-gorge de cette époque, qui a la fonction première d’aplatir la poitrine, est un  bandeau à boutonnage ou laçage sur le devant, confectionné dans des matières très fines : tulle, coton, tricotine, broderie anglaise, soie avec entre-deux de dentelle et souvent décoré d’un rucher de ruban rose. C’est à la fin de cette décennie qu’il connaîtra son véritable essor !

20-Shanghai-1277Soutien-gorge en soie 1920′ – Collection Nuits de Satin

Le soutien-gorge devenant de plus en plus populaire, beaucoup de femmes avaient du mal à trouver la taille de bonnet qui leur correspondait. La marque Kestos, créée en 1925, commercialise un modèle « formé », basé sur le principe de 2 triangles cousus ensemble et pincés pour prendre forme. Par la suite  d’autres sociétés de confection y ajoutèrent des baleines puis du capitonnage. C’est vraiment à cette époque que le SG joue un rôle prépondérant dans les sous-vêtements et réinvente une nouvelle silhouette pour la femme.

En 1934, pour répondre au diktat de la mode où robes d’été et de soirées étaient « dos nu », Kestos toujours,  invente un  modèle dos nu, avec ou sans bretelles. Le mode de fermeture de ce SG est tellement compliqué, que la marque Kestos est obligée de faire des publicités informatives, démontrant le mode d’emploi des trois façons différentes de le porter.

Au début des années 30, les matières employées sont principalement de la rayonne/viscose.  On verra apparaître quelques pièces en latex pur (caoutchouc), mais cette matière inconfortable sera rapidement réservée à la fabrication de gaines, en particulier par Playtex qui les commercialisera de 1940 à 1958.

Puis le soutien-gorge va gagner en rigidité et maintien par le jeu des armatures, baleines et capitonnage …

La profondeur de bonnets ABCD est une invention de la marque Camp, spécialisée dans la corseterie médicale. Elle date de 1932, mais il faudra attendre 1937 pour la voir commercialisée à grande échelle par les marques Bali et surtout Warner, puis très rapidement par toutes les marques. Cette invention fut une grande avancée dans l’évolution de cette pièce de lingerie et du confort de la femme.

Toute la lingerie était dans les tons de rose pêche ou abricot, parfois blanche ou bleue pâle, mais peu de noir….

En 1938, la Sté Dupont de Nemours invente le nylon, matériau révolutionnaire, résistant et léger, lavable et ne nécessitant pas de repassage. En Europe, après la seconde guerre mondiale, arrive des USA une mode qui fait fureur : celles des poitrines généreuses misent à la mode par une génération de « Pin-Up » avec entres autres, Jane Russel, Marilyn Monroe, Jane Mansfield qui attirent le regard avec leur décolleté profond ! Les femmes rêvent de leur ressembler et de donner un air avantageux à leur poitrine.

Pour gagner en souplesse et étirement, la marque Dupont, déjà à l’origine du Nylon, inventera le Nyralon (mix de Nylon et de viscose) qui sera l’un des premiers tissus stretch, largement employés dans la corseterie.

En 1940, aux Etats unis, une nouvelle mode s’impose : le « Bullet Bra » dont  la nouvelle technique de coutures circulaires, le Whirlpool stitching, donnait un look missile dont les pointes étaient très visibles sous les pulls serrés de l’époque : le fameux  « Pointy Look »! Le plus célèbre de ces nouveaux soutiens-gorge était le modèle V-ette Whirlpool vendu par Hollywood Maxwell depuis 1935. Toutes les marques américaines le commercialisent jusqu’à la fin des années 50. En France, c’est surtout la marque Roussel qui, dès 19.. sera adepte de la fameuse surpiqûre circulaire. A noter, le « Pointy Look » fit un retour timide au début des  années 70 aux Etats-Unis, avec la marque Nipple Bra qui proposait un SG qui donnait l’impression….. de ne pas en porter.

35-Bullet-bra

On ne peut pas parler de cette mode sans évoquer le film « The Outlaw », produit et réalisé par Howard Hugues. Le milliardaire cinéphile, ingénieur aéronautique de formation, conçu pour Jane Russell, un SG sans bretelle doté d’un système d’armatures métalliques qui faisait à la star une magnifique poitrine. Mais l’image jugée trop agressive pour le code Hays (code de bonne conduite cinématographique de l’Amérique puritaine des années 40)  ce SG valu au film, tourné en 1931, d’être blacklisté et il faudra attendre 1946 pour le voir à l’écran.

En France, en 1947, Marie-Rose Lebigot crée le SG balconnet pour Madame Carven. Ensemble, elles feront breveter ce modèle push-up conçu spécialement pour les robes bustier et les petites poitrines. Il sera popularisé par Brigitte Bardot qui le portera dans les années 60, aussi bien en lingerie qu’en maillot de bain.

Les années 50 seront les années « Nylon ». Inventé en 1938, le nylon sera la grande révolution vestimentaire et la fibre quasi universelle de la lingerie et corseterie de l’après-guerre. Commercialisée en 39, la totalité de la fibre disponible sera employée pendant deux années à la production des bas. En 1941, suite de l’attaque sur Pearl Harbor, les États-Unis entrent dans le conflit mondial et le Nylon devient une fibre militaire pour la fabrication de millions de parachutes.

Les premiers soutiens-gorge de l’après-guerre et jusqu’en 1950, seront en nylon « toile de parachute », fabriqués avec les stocks de l’armée désormais inutiles, et reteints en rose pour leur nouvelle affectation.

En 50 toujours, lancement d’un ovni par la marque La Resista. Il s’agit d’un push-up gonflable, qui permet, au moyen d’une paille, d’ajuster son tour de poitrine au gré de ses besoins ou de son humeur… Pour la petite histoire, La Resista, marque américaine, commercialisera ce SG gonflable aux Etats-Unis sous le nom français de « Très Secrète », quand Scandale, marque française le commercialisera sous le nom de « Very Secrete »… marketing oblige ! N’ayant pas remporté de succès populaire, ce modèle sera malgré tout encore vendu de nombreuses années par correspondance chez Frederick of Hollywood…

45--1952-TRES-SECRETE

Mise au point en 1959, une nouvelle fibre fait son apparition en 60 : le Lycra ou Spandex pour les anglo-saxons, créé par la Sté DuPont. Le Lycra est une révolution et le restera pour les 50 ans à venir. Cette fibre élastomère possède toutes les qualités : facile à produire et à travailler, légère, stretch dans les deux sens, facile à laver et rapide à sécher. L’industrie De la lingerie, entre autres, en fera sa matière favorite.

En 1962 apparaissent les premières bretelles élastiques et extensibles, inventées par Warner. L‘année suivante, toutes les marques se ruent sur cette nouvelle invention, allant même, fait rare, jusqu’à avoir une communication visuelle unique, un mannequin passant son pouce sous la bretelle et l’étirant vers le haut pour démonter son élasticité.

Une nouvelle génération de sous-vêtements fonctionnels est née.

Puis le soutien-gorge va commencer à perdre de son importance en tant qu’article de mode pour finalement gagner un véritable statut politique. Il deviendra le symbole de l’oppression féminine en 1968, et le fantasme médiatique des femmes brûlant leurs soutiens-gorge perdurera des décennies durant.

La révolution sexuelle des années 70 et le féminisme naissant avec le MLF (le Mouvement de Libération de la Femme) marquent un véritable tournant, le soutien-gorge est banni par la nouvelle génération ou réduit à son plus simple usage pour leurs aînées. Il se doit d’être avant tout fonctionnel et ne doit pas être sexy.

C’est l’ère des moulés, légers et transparents, mais sans forme et sans grand maintien, commercialisés principalement par les marques Huit et Dim. Les 2 magazines professionnels, « Corsets de France » et « Dessous Élégants » vont voir leurs paginations divisées par 2 et la désertion de leurs annonceurs publicitaire. Existants depuis les années 30, ces deux magazines cesseront finalement d’être édités.

Les années 80 marquent le retour d’une certaine lingerie. C’est l’époque ou Chantal Thomas apporte un véritable nouveau souffle : balconnets, guêpières, porte-jarretelles et bas «couture » sont de nouveau à la mode.

chantal-thomass-

Les années 90 voient le retour des poitrines généreuses grâce au succès populaire des chanteuses Samatha Fox et Sabrina.  Avec elles, les balconnets et autres push-up ont de nouveau la côte, et parmi ceux-ci, le Wonderbra avec son célébrissime 1300.

Dès l’origine, la Canadian Lady Corset Company, fondée en 1939, commercialise ses soutiens-gorge sous la marque Wonderbra. Les modèles Winkie des années 40 et Mischief en 50 sont des best-sellers, mais ce n’est rien en regard du succès qui attend le modèle Dream Lift, le « 1300 », lancé en 1963. Premier soutien-gorge rehausseur pigeonnant, il est vendu dans le monde entier depuis plus de 50 ans. En 1994, Wonderbra révolutionne le monde de la publicité en affichant les charmes d’un mannequin, alors peu connue, Eva Herzigova. « Habillée » d’une simple parure Dream Lift, Eva s’adresse aux hommes : « Hello Boys » pour la campagne américaine  et « regardez-moi dans les yeux » pour la campagne française. Le succès est mondial, au point qu’en 1996, le Wonderbra 1300 fera son entrée au Livre des Records Guinness pour avoir été vendu à plus d’ 1,6 millions d’unités dans le monde.

50 Wonderbra

51 Wonderbra_EvaHerzigova

Les années 2000 concrétisent ce succès de la lingerie. Pour le soutien-gorge c’est la période de toutes les innovations : armatures souples, coussinets, coques, minimisers, moulés, fibres intelligentes, etc ….   

Texte : © Patrice Gaulupeau/Nuits de Satin

Remerciements : hprints.com (publicités)

………………………………………………………………………………………………………………

gb_drapeau

History of Bras

 

For centuries, when it came to women’s figure, the focus was mainly on the lower part of the body. The waist was the major concern. It had to be as slim as possible, either naturally or with the help of artifices such as farthingales, panniers, bustles or crinolines. The more the hips and the back were big, the more the waist looked thin. But no attention was given to the bust, on the contrary: it had to disappear as its only purpose was to feed newborns.

1-3-Miroirs

At the end of 19th century, everything changed. Means of transport, town planning, lightings, photography, press, department stores -everything contributed to the advent of a new world.

With the industrial revolution going on, fashion adjusted to this new modern society and bras became the new item of every women’s wardrobes. First because of its practical aspect but soon enough also for its estheticism. With time, bras became the architect of the figure and their job was to confine, flatten, lift, separate, and increase the volume of breasts.

2-1820-brassiere,-this-one-Brassiere  1820, collection Metropolitan Museum   

It is very hard to say who invented the current bra (meaning separate breasts, straps and fastening at the back) as several corsetiers contributed to its creation, not to mention its many evolutions!

In 1863, Luman L. Chapman, an American corsetier from Camden in New Jersey created a bustier-bra called ‘The first breast supporter’. He filed a patent on December 15 but his application was not followed with a wide commercialisation.

3-Bust-forms-1860–75-Brookl1860–75 Brooklyn Museum Costume Collection

Few years later, another American patent was filed on February 15 1876 by Olivia P. Flynt. It was a even more enveloping brassiere called ‘Bust supporter’. This bra met with success although the selling price was quite expensive: between 2.5 and 7 dollars, depending on the fabrics. From 1881, the precious brassiere was sold by mail order (a new selling system that was starting to grow in the United States).

In Europe, it is wrongly believed that the creation of the first bra dates back to 1889, when Herminie Cadolle presented the first ´bra-corselet’ during the Universal Exposition in Paris. Apart from the fact that it was presented 13 years after that of Olivia Flynt, this model named ‘Well-Being’ was not yet an independent bra as it was still bound to a corset.

On January 11 1893 in the United States, Mary Tucek filed a patent for a device named ‘Breast Supporter’. It was a small bra which, for the first time, wasn’t an altered corset, nor a bustier and it had a space for each breast as well as a straps system fastened with eyelets and hooks. This model looked a lot like our current balcony bra.

Worn by some of the amazing corset maker’s friends, this underwear was unfortunately a commercial failure. Still, Mary Tucek can be considered the true ‘inventor’ of modern bra.

From 1890 in the United States, with the development of railways, department stores on the East coast and mail order selling,the rural states started having access to the same products as the big cities. Sales were boosted and mass industrialisation had an impact on lingerie as well, thanks to the Warner brothers among others, who commercialized bras since 1902.

11 1904 Brassiere advertisementUS Catalogue 1904

The beginnings of bras were muddled with each corset brand trying to make an input. The name of this new lingerie item changed many times: busterette (at Persephone) callimaste, maintien-gorge, corselet, brassière. It was made essentially in cotton, batiste or broderie anglaise.

12-Brassière-1910-Bra 1905 – Collection Nuits de Satin

Only in 1904 did the term ‘soutien-gorge’ (bra in French) was accepted in the French Larousse dictionary. It appeared under the name ‘brassiere’ in 1911 in the Oxford English dictionary, hence the diminutive ‘bra’ that was later used in English-spoken countries.

1910 Collection VA – 1905 Collection VAM à Londres

Catalogue Fémina from 1911 et 1906

Only a dozen years later, in 1913, did Mary Phelps an American writer and early feminist otherwise known as Caresse Crosby ,designed a bra with 2 tissues and a silk ribbon, in order to wear her low-cut neckline gown. At least this is what the legend says. This bra was actually the precursor of the open-back bra, but the front remained a mere brassiere. In 1914 she sold her idea to Warner Brothers Corset Company, a company that became the biggest corset maker in the world 40 years after its creation.

19-Mary-Phelps-Jacob

In 1920, a new clothing fashion and a new figure appeared. At that time, as their main purpose was to flatten the chest, bras were a bandeau with a row of buttons or lacings on the front, made in very thin fabrics: tulle, cotton, tricotine, broderie anglaise, silk with lace insertion and often a pink ribbon.

Bras only met with success at the end of the decade.

20-Shanghai-1277Silk bra 1920′ – Collection Nuits de Satin

As bras became more and more popular, many women had troubles finding the right cup size. The brand Kestos that was created in 1925, commercialized a ‘formed’ bra made of 2 stitched and darted triangles. Later on, other tailoring companies added whalebones and padding. This was the time when the bra became a key part in underwear by creating a new outline for women.

In 1934, an open-back bra was designed, with or without straps, in order to fit the latest trend of backless dresses. The fastening process was so complicated that the brand Kestos had to make informative advertisements with instructions on the three different possible ways of wearing the bra.

In the early 30s, the fabrics used were mainly rayon/viscose. There were some bras made in rubber latex but this material was so uncomfortable it was quickly appointed only to the making of girdles -especially by Playtex that commercialized them from 1940 to 1958.

Bras then became more rigid and offered a better support through the various underwirings, whalebones and paddings…

The ABCD cups were an invention of the brand Camp, specialized in medical corsetry. It dates back to 1932, but it was only widely commercialized in 1937 by the brands Bali and Warner. This invention was decisive in the evolution of bras and in women’s  comfort.

The colors were usually peach pink or apricot, sometimes white or pale blue but hardly ever black…

In 1938, the company Société Dupont de Nemours invented Nylon, a revolutionnary fabric, both light and resistant, easy to wash and that didn’t need any ironing. After WW2, a new US trend was imported to Europe: generous breasts featured by famous ‘Pin Ups’ such as Jane Russel, Marilyn Monroe, or Jane Mansfield. Women wanted to look like them and have a flattering chest.

In order to be more flexible and stretched out, the brand Dupont which had already created Nylon, later also invented Nyralon (a mix of Nylon and Viscose) that became one of the first stretch material used in corsetry.

In 1940 in the United States, a new fashion appeared: the ‘Bullet Bra’. Its new circular sewing technique, the Whirlpool stitching, made the tips appear clearly under the tight sweaters worn at that time: that was the famous ‘Pointy Look’.

The most famous bra was the V-ette Whirlpool design, commercialized by Hollywood Maxwell since 1935. Every American brands then starting selling it until the end of the 50s.

In France, it was the brand Roussel that adopted the famous circular topstitch. Noteworthy: the ‘Pointy Look’ timidly came back at the beginning of the 70s in the US with the brand Nipple Bra which bras gave the impression that there were none.

35-Bullet-bra

Bullet bra 1948 – Collection Nuits de Satin

But we can’t write about this trend without mentioning the movie ‘The Outlaw’, produced and directed by Howard Hugues. The film-lover billionaire, former aeronautical engineer, created forJane Russell a strapless bra with a metal fastening system that gave the star a splendid bosom.

But this bra was deemed too aggressive according to the Hays code (code of conduct in the film industry during the puritan years in America in the 40s) which resulted in the movie being blacklisted. It was filmed in 1931 but only came out in theaters in 1946.

In 1947 in France, Marie-Rose Lebigot created the balcony bra for Madam Carven. Together, they filed a patent for this push-up bra made especially for bustier dresses and small breasts. It was made popular by Brigitte Bardot who wore it in the 60s, as lingerie as well as bathing suits.

The 50s were the ‘Nylon’ years. Created in 1938, nylon was the big revolution in clothing and it became the universal fiber in lingerie and corsetry in the post-war era.Commercialized in 1939, the fiber was used during two years for the production of stockings.

In 1941, after the Pearl Harbor attacks, the US entered WW2 and Nylon became a military fiber, used to create millions of parachutes.

44 Lingerie parachute

The first bras of the post-war period until the 50s were made in Nylon, the very material that had no longer use in the army. It was dyed in pink for its new function.

Still in the 50s, the brand La Resista designed an oddity: an inflatable push-up bra that could be blown thanks to a straw. This way, women could adjust their breast size according to their need or mood.

Funny story : La Resista sold this inflatable bra in the US under the French name ‘Très Secrète’, where as Scandale, a French brand, sold it under the name ‘Very Secrete’.

The bra didn’t meet with success, but it was still commercialized for many years through mail order selling at Frederick of Hollywood.

45--1952-TRES-SECRETE

A new fiber was conceived by the company Société Dupont in 59: Lycra -or Spandex as the Anglo-Saxon call it. Lycra was a revolution and remained at its peak for the next 50 years. This elastomer fiber has all the qualities: easy to produce, light, stretch, easy to wash and quick to dry. The bra industry appointed it as its favorite material.

In 1962, Warner invented the first elastic and expandable straps. The following year, every brands rushed to get this new invention to the point of having a unique visual communication: a model who slipped her thumb under the strap and pulled it up in order to show its elasticity.

A new generation of practical underwear was born.

Then bras slowly started losing their important status as a fashion item and instead gained a real political status. It became the symbol of women’s oppression in 1968 when they started burning their underwear in the streets.

The sexual revolution in the 70s and the budding feminism with the Women’s Movement were a real turning point.

Bras were banished by the new generation and used for their former function by the eldest. Bras had to be practical and above all: not sexy. It was the era of light and see-through bras, but without any form or support, with brands such as Huit and Dim among others.

With the 80s a certain type of lingerie came back. It was the time when Chantal Thomass gave a new breath of life to lingerie: balconies, guepiere, garters and ‘couture’ stockings were fashionable again.

chantal-thomass-

The 90s were the comeback of generous breasts thanks to the success of famous singers Samantha Fox and Sabrina. Balcony bras and push-ups were fashionable again, especially with the brand Wonderbra with its ever so famous ‘1300’ design.

From the start, the Canadian Lady Corset Company, created in 1939, commercialized its bras under the brand Wonderbra. Th Winkie design in the 40s, and the Mischief design in the 50s were best-sellers, but it was nothing compared to the success that awaited the Dream Lift design, the ‘1300’ launched in 1963. It was the first uplifting plunging bra and has been sold all around the world for more than 50 years.

In 1994,Wonderbra revolutionized the advertising world by displaying the charms of a little known model at the time -Eva Herzigova.

Wearing only the Dream Lift design, Eva spoke directly to men: ‘Hello Boys’ in the US and ‘Look me in the eyes’ in France. The campaign met with international success to the point that in 1996, the Wonderbra 1300 was listed in the Guinness Records for having sold more than 1.6 million items in the world.

50 Wonderbra

51 Wonderbra_EvaHerzigova

The years 2000 materialized the success of lingerie. It was a period of innovations for bras: flexible underwirings, pads, minimizers,intelligent fibers…

Texte : © Patrice Gaulupeau/Nuits de Satin

Courtesy : hprints.com (ad)

La Samaritaine

.

La remarquable ascension sociale d’un couple modeste, créateurs du grand magasin de la Samaritaine

SamaritaineErnest Cognacq 1839 – 1928
Marie-Louise Jaÿ 1838-1925

A l’arrêt des activités de la Samaritaine en 2005, de nombreuses archives du célèbre magasin furent dispersées et se retrouvèrent chez les brocanteurs. « Nuits de Satin » en acquis un lot conséquent qui, outre des centaines de catalogues, contenait des documents divers, tels des calendriers, publicités, liste de personnel, livre de comptes, etc… Et dans ces documents, il y avait un petit fascicule d‘octobre 1928, « L’Animateur des temps nouveaux » qui était consacré à la vie et à la réussite d’Ernest Cognac, père de la Samaritaine. Ce sont ces écrits que nous reprenons ici in extenso. Ils sont datés de par leur style ancien, mais ils ont le mérite de n’avoir pas été déformés par Google, le bouche à oreille moderne.

Samaritaine Cognacq

« Ernest Cognacq naquit à Saint-Martin-de-Ré le 3 octobre 1839. Mais ses premières années se passèrent à Marans, dans le sud-ouest de la France, où son père était allé, dès 1840, exploiter une charge de courtier maritime.
Il n’était pas né pour être un grand commerçant, mais il était certainement né pour réussir, parce que deux qualités forment l’unité de sa vie : un labeur acharné et ordonné, ainsi qu’une facilité d’adaptation extraordinaire.

A la mort de son père, Ernest Cognacq n’ayant pas un sou, dut quitter à 13 ans le Petit Séminaire où il commençait les études classiques qui auraient dû le mener à l’Ecole Navale.
Il part pour la Rochelle et trouve une place de commis chez un marchand de nouveautés. Il sera donc calicot, comme on disait à l’époque, c’est-à-dire vendeur de tissus. Et puisqu’il est, par la force des choses, dans le commerce, il s’efforcera de devenir le plus grand de tous.

CognacqErnest Cognacq 1839 – 1928

Après avoir travaillé à la Rochelle puis à Bordeaux, il part pour Paris. Il a quinze ans et se présente aux Magasins du Louvre qui viennent d’être fondés. Il est prêt à accepter la place la plus modeste. Malheureusement, on ne lui reconnaît pas les aptitudes nécessaires, il n’est pas engagé.
Cette première déception va tremper fortement sa volonté. Et le voici qui bat le pavé de la capitale à la recherche d’un emploi. C’est une période de misère, de vache enragée, mais pas de découragement. Paris est dur à ceux qui n’ont pas d’argent ; le jeune Cognacq est obligé de céder. Sans ressources, il retourne à pied à la Rochelle. Vaincu par la famine et la misère, il n’a pas pourtant renoncé à ses projets, à son rêve.

Quelques mois plus tard, il ose se remettre en route pour tenter une seconde expérience dans ce Paris qui le hante.Il a dix-neuf ans, et sa deuxième tentative est la bonne. Il réussit alors à se faire engager comme vendeur de tissus à « la Nouvelle Héloïse « .

Nouvelle Héloise

Il remarque immédiatement une employée de la Maison, Melle Louise, qui n‘est pas insensible à son charme. Peut-être est-ce une idylle qui va naitre ? Il n’aura pas le temps de le savoir car à la suite d’une maladresse, le jeune calicot est remercié et obligé brusquement de quitter sa place. Il n’a pas trouvé le temps, ni le courage, de faire sa déclaration d’amour à Melle Louise.
Et le voici vendeur dans une boutique qui a pour enseigne « A Notre Dame de Lorette ». Puis il tient un rayon de mercerie « Aux Dames Françaises », rue de Bucy. Ensuite, il fait l’étalage « A la Madeleine », dans un grand magasin des boulevards, non loin de l’endroit où, un demi-siècle plus tard, il installera sa succursale de luxe et son musée. Sou par sou, le jeune homme économise et parvient à amasser cinq mille francs. C’est peu, mais la somme lui paraît suffisante pour réaliser son ambition : s’établir à son compte.

Nous sommes en 1867 ; il ouvre, rue de Turbigo, un petit magasin à l’enseigne « Au Petit Bénéfice». Cet essai se termine rapidement par un désastre dont nous n‘avons pas les détails, mais une fois de plus, Ernest Cognacq à tout risqué, et il a tout perdu. Il se retrouve à nouveau sur le pavé sans un sou, ses économies se sont volatilisées dans la faillite. Néanmoins, il a gagné quelque chose de précieux : l’expérience, chèrement acquise.
Il a de la verve et du bagout, Il va donc chercher à se défendre autrement. Il se fait marchand forain. Camelot éclairé de la plus fine psychologie, le voici vendant de la toile de Paris à Marseille et de Marseille à Bordeaux. Cette étape lui aura été utile, il y aura appris à mieux connaître les goûts du public, de tous les publics. Il y aura appris les meilleurs arguments de vente. Il s’y sera entraîné à sortir victorieux de la lutte éternelle entre le vendeur et l’acheteur.

Mais la banlieue et la province ne suffisent plus au futur « Napoléon du déballage ». Paris! Paris! Paris, il veut conquérir cette capitale qui lui a été si cruel, et modestement il installe sa tente … un parapluie rouge ouvert sur le trottoir… du Pont Neuf.

Pont Neuf 1900

Cette fois sa faconde bonne enfant plaît. Les affaires marchent. Il est marchand ambulant à Paris et sa boutique portable bien que minuscule le fait survivre, c’est déjà ça.

Un jour, jouant aux dominos dans le café qui occupait la rotonde du Pont Neuf et de la rue de la Monnaie, il apprend que le patron trouve son local trop grand et qu’il en sous-louerait volontiers une partie. Nous sommes en 1869, Ernest Cognaq a reconstitué son pécule de cinq mille francs et l’expérience l’a rendu prudent. Il loue, mais à la journée seulement, même pas à la semaine : 15 francs par jour pour une boutique. Heureux temps !
Le quartier est vivant, animé. Les premières clientes sont les dames de la Halle. Elles viennent acheter le tissu dont elles se font des tabliers. Le magasin n’est pas luxueux. La marchandise est étalée sur des caisses d’emballage recouvertes d’andrinople rouge. Mais le patron sait parler la langue de sa clientèle. Aussi, bientôt au tissu de calicot s’ajoutent d’autres marchandises, et la clientèle s’accroît, s’accroît, si bien que le 21 mars 1870, Ernest Cognacq se décide à louer à bail. Il fait badigeonner sa boutique et la baptise : « A la Samaritaine » en souvenir d’une ancienne fontaine célèbre à cet endroit. »

Note de la rédaction :

La pompe de la Samaritaine et le pont Neuf depuis le quai de la Mégisserie en 1777 tableau de Nicolas Raguenet, musée CarnavaletLa pompe de la Samaritaine et le pont Neuf en 1777 tableau de Nicolas Raguenet, musée Carnavalet

En fait cette fontaine est une pompe hydraulique, elle est même la première machine hydraulique édifiée sur la Seine. Commandée par Henri IV, la pompe fut édifiée en 1605, pour alimenter en eau le palais du Louvre, les bâtiments et les jardins des Tuileries ainsi que les habitations des quartiers environnants.

Située sur la deuxième arche du pont, là où Ernest Cognac dépliera plus tard son parapluie, la façade de la pompe était décorée d’un ensemble de statues en bronze doré,  représentation biblique de «  la rencontre de Jésus et la Samaritaine devant le puis de Jacob».

LivingwaterJésus en Samarie, devant le puits de Jacob et une Samaritaine

La pompe fut détruite en 1813, les eaux de la Seine devenant de plus en plus nauséabondes et ne pouvant pas lutter avec le canal de l’Ourc qui apportait enfin à Paris de l’eau claire.

……………………………………..

« Cette boutique, il ne devait plus la quitter ; il acquerra bientôt le café, et peu à peu tous les étages de l’immeuble entier.

1870-Les-debuts-de-la-SamaritaineLa Samaritaine en 1870

Mais l’époque est incertaine et le Second Empire va se terminer dans la guerre. 1870 sera l’année Terrible. Le nouveau patron est enrôlé comme garde national. Angoissé, il se demande s’il va renouveler la longue liste de ses échecs. Que faire ? Il a l’audace, dans ces temps perturbés, d’offrir à la location, un atelier prêt à fonctionner à un inconnu qui a obtenu la commande d’une fourniture de pantalons rouges pour l’armée. Non seulement son offre est acceptée, mais on lui confie l’exécution de la commande. La guerre de 1870 étant courte, le commerce reprend vite ses droits dans la capitale.

En  1872 il rencontre de nouveau Mademoiselle Marie-Louise Jay, celle qu’il avait connue à « La Nouvelle Héloïse», celle à laquelle il n’avait osé faire sa déclaration. Elle avait quitté la « Nouvelle Héloïse » pour entrer au « Coin de Rue » puis « au Bon Marché», comme première au rayon confection. Cette fois-ci, Ernest Cognac ne veut pas laissez passer sa chance, Mlle Louise est avenante, sérieuse, travailleuse, elle devient donc, en 1872, Mme Cognacq et patronne de la « Samaritaine » .

Marie-Louise-Jay 1-Marie-Louise Jaÿ 1838-1925

Une association idéale, faite d’affection mutuelle, de la même ardeur au travail, du même génie passionné de la vente. A ce propos, Ernest Cognacq aimait à répéter par la suite : une compagne dévouée, qui s’associe aux travaux de son mari, qui l’encourage aux heures critiques, est un gage de succès pour les affaires qu’il entreprend.

Voici comment Georges Montorgueil, un journaliste célèbre de l’entre-deux guerres, parlait de cette association de deux travailleurs acharnés : « Leurs aptitudes se complétaient. Ils marchaient du même pas, avec la même ardeur. Les premiers arrivés au magasin, chaque matin, les derniers partis, et les dimanches et fêtes comme les jours ouvrables. Ils ne connaissaient et ne connaîtraient jamais ni les sorties, ni les voyages, ni les vacances. L’œil du maître se doublait de l’œil de la patronne : un bout de ficelle traînait-il au pied d’un comptoir, elle le ramassait. Avarice ? Non point. Un geste chargé de symbole n’est jamais vain. C’était de l’ordre. »

19300

Patron et patronne président donc à la vente : le soir, ils font leurs comptes ; ils travaillent jusqu’à minuit pour marquer les marchandises. Ce qui ne les empêche pas d’être levés à l’aube, pour surveiller le nettoyage, un plumeau à la main. On ajoute sans cesse de nouveaux articles rayons. Voyant qu’une cliente trouve à son goût un certain parapluie placé derrière le comptoir, Mr Cognacq n’hésite pas à lui vendre. C’est le parapluie de son épouse. Mme Cognacq répare elle-même le matériel avec une boîte à outil qu’elle conservera toute sa vie. Et plus tard elle sera fière de dire : « Nous n’avions pas les moyens à cette époque de recourir à des entrepreneurs. Mais nous avions de l’huile de bras. »

Jamais les patrons de la Samaritaine ne songent à solliciter la moindre avance de fonds de qui que ce soit, pas de capitaux parasites qu’il faut chèrement rétribuer.

Et maintenant, pour donner une idée de ce que peut l’association de deux êtres intelligents, ordonnés et travailleurs, pour donner une idée du développement des magasins de la Samaritaine, laissons parler les chiffres.

  • En 1871, la Samaritaine se composait d’une boutique de six mètres sur huit. Elle occupait deux employés. Le chiffre d’affaires du premier exercice fut de 300.000 francs.
  • En 1874, la Samaritaine comptait 40 commis, faisait 800.000 francs d’affaires. Puis c’était 1.900.000 francs en 1877, 6 millions en 1882, 17 millions en 1888, 25 millions en 1890, 40 millions en 1895.

1870 1883, l’activité se développe dans le Magasin 1 constitué de plusieurs immeubles mitoyens qui, au fur et à mesure de leur acquisition, sont reconvertis en commerce.

Les travaux de la Samaritaine en 1883

1886_2

  • En 1927, la Samaritaine occupe pour ses établissements de vente une superficie de 12.000 mètres, avec des constructions de six étages et trois sous-sols, ce qui donne un développement de 99.000 mètres.

Les établissements de manutention couvrent 35.000 mètres avec un développement de 134.000 mètres. Le personnel titulaire est de 8.000 employés complété par une armée d’auxiliaires.

La Samaritaine est propriétaire de cent immeubles. Son chiffre d’affaires est de un milliard trois cents millions. Elle contrôle la Société de Crédit La Semeuse, dont elle possède les trois quart du capital.

Elle a des clients par correspondance dans toutes les parties du monde. Elle utilise 250 voitures livrant chaque jour de 15.000 à 20.000 paquets à sa clientèle parisienne et de la banlieue. Elle reçoit une moyenne de 20.000 lettres par jour, elle expédie journellement une moyenne de 15.000 colis.

attelage SamaritaineAttelage de livraison de la Samaritaine

Elle distribuera à son personnel 1.100 millions de salaires, 23 millions de gratifications et parts bénéficiaires. Elle sert à son personnel 7.500 repas gratuits par jour représentant une dépense annuelle de 12 millions.

Il ne suffit pas d’appeler la fortune et d’attendre la chance. Il faut préparer le terrain propice et saisir avec énergie et intelligence la chance qui se présente. La Samaritaine est le plus saisissant exemple d’une affaire considérable ne devant son développement qu’au travail, qu’à l’unité de conception de ses dirigeants, un couple de travailleurs légendaires. Ils n’ont jamais consenti à se reposer ; ils ont donné à leur personnel la plus belle leçon d’endurance et d’énergie : ils ont, malgré leur énorme fortune, travaillé jusqu’à plus de 70 ans. Mais les Cognacq ont fait mieux que faire fortune…

samaritaine2

Ses bâtiments de style Art Nouveau et Art Déco sont l’œuvre des architectes Frantz Jourdain et Henri Sauvage ; le magasin principal est inscrit au titre des Monuments Historiques. 

verrie-CC-80re-samaritaine

En 1914, M, et Mme Ernest Cognacq transforment leur maison en Société en commandite, au capital de 36.000.000 de francs. Ils instituent en faveur de leurs employés de tous rangs une large participation aux bénéfices, avec accession au capital social, et vont développer une politique sociale unique pour cette époque.

La fortune des Cognacq s’est développée grâce à un labeur obstiné, à une méthode, à un programme étudié avec soin. Ces qualités se retrouvent dans leurs œuvres sociales : C’est l’admirable fondation Cognacq-Jay, fondée en 1916. Cette œuvre louable se double de toute une série de mesures destinées à sauvegarder l’avenir de ceux qui y travaillent ou y travailleront. Elle gère entre autres :

  • La Maison de Retraite de Rueil, maison gratuite pour les anciens employés de la Samaritaine.
  • Une maison d’accouchement (maternité) dans le 15ème arrondissement de Paris.
  • Le pouponnât de la Samaritaine, à Rueil également, élevant 50 enfants gratuitement, jusqu’à l’âge de 5 ans.
  • Le centre d’apprentissage d’Argenteuil, apprenant la couture et la broderie à cent orphelines.
  • La Maison de repos de Monnetier-Salève, recueillant pour quelques semaines ou quelques mois les jeunes employées anémiées.
  • L’œuvre des enfants à la montagne, envoyant en Savoie, chaque année, deux cent cinquante écoliers parisiens.
  • Le Groupe des habitations à bon marché de Levallois-Perret, destiné à offrir près de 600 logements vraiment économiques et salubres aux familles nombreuses.

Les Cognacq, qui n’eurent pas d’enfants, ont surtout songé aux berceaux des autres. Les familles nombreuses ont été leur principale préoccupation, puisque les bénéficiaires du legs Cognacq-Jay (ce que l’on appellera plus tard, le prix Cognac-Jay) reçoivent des sommes qui varient de 10.000 à 25.000 francs distribuées à des familles d’au moins 9 enfants, et dont le père et la mère n’ont pas dépassé 45 ans ou à des familles d’au moins 5 enfants dont le père et la mère ont encore 35 ans.

Prix Cognacq-Jay 1941Le prix Cognacq-Jaÿ

Les Cognacq n’étaient pas des utopistes mais des commerçants à l’esprit pratique, réaliste. Ils aimaient faire un bon placement dont ils bénéficieraient, eux, en même temps que leur pays, en aidant les familles nombreuses, en facilitant la vie d’ouvrier.

Ils travaillèrent toutes leurs vies, comme s’ils ne devaient jamais mourir. Jusqu’à la fin ils faisaient des projets, des calculs pour l’avenir. C’est là le grand secret d’œuvre prospère et utile.

Ernest Cognacq n’avait pas eu le temps de visiter les musées. Il se trouva assez riche, un jour, pour constituer un musée chez lui, il sut réunir une merveilleuse collection de tableaux, de terres cuites, de meubles rares.

Il préserva ainsi de l’exportation quantité de belles œuvres. Mais il fit mieux. De son vivant même, il voulait en faire profiter les autres et installa dans son magasin du boulevard des Capucines une galerie ouverte à tous. Il a fait mieux encore. Il a laissé à la ville de Paris ses collections, qui seront abritées au cœur de la ville, dans un musée dont il avait, avec soin, étudié les plans.

Musee-Cognacq-Jay Paris 2Musée Cognacq-Jaÿ

Devenu vieux, Cognacq ne prît pas sa retraite. Prendre sa retraite était pour lui indigne d’un homme. A 88 ans, il dressait des plans d’avenir pour la Samaritaine en prévoyant son développement pour vingt ans, mais s’il projetait ainsi sa pensée directrice dans le futur, ce n’était pas par un entêtement de vieillard qui se croit éternel. Pas du tout. En même temps qu’il organisait l’avenir, il préparait méticuleusement ses successeurs qu’il avait lentement façonnés, mêlés à ses pensées et aussi minutieusement étudiés que les plans d’extension de sa maison.

Le résultat actuel est que la société en commandite avec participation aux bénéfices qui eût pu tomber, après lui, en anarchie, se développe chaque jour normalement selon les vues et la prescience du père Cognacq et de telle sorte que dans sa tombe, il doit, si cette image n’est pas trop hardie, se frotter les mains. Il a dû mourir heureux en pensant qu’il s’était encore enrichi en distribuant intelligemment l’immense fortune qu’il avait su amasser.

la_samaritaine_and_statue_of_henri_iv 2