L’Histoire du soutien-gorge

English version at the end.

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 L’Histoire du Soutien-Gorge

Pendant des siècles, la silhouette féminine est entièrement préoccupée par la partie basse du corps. La taille est le souci majeur. Il faut qu’elle soit la plus fine possible, par elle-même, ou par comparaison aux artifices fessiers qu’elle jouxte, comme les vertugadins, paniers, tournures ou crinolines. Plus les hanches et le postérieur sont importants, plus la taille parait fine. Mais pour le buste, rien n’est fait, au contraire, il faut faire disparaître la poitrine, dont le seul intérêt est d’être l’attribut de la mère nourricière.

1-3-Miroirs

A la fin du 19ème siècle, tout change. Les moyens de transport, l’urbanisme, l’éclairage, la photographie, l’explosion de la presse, les grands magasins, tout concoure à l’avènement d’un monde nouveau. Sous l’impulsion de la révolution industrielle, la mode s’adapte, elle aussi, à une nouvelle société avide de modernité, et le soutien-gorge sera la nouvelle pièce de la garde-robe féminine, pour son côté pratique dans un premier temps, puis rapidement pour son esthétisme. Au fil des temps, le soutien-gorge deviendra l’architecte de la silhouette et son rôle sera de confiner, d’aplatir, de soulever, de séparer ou d’augmenter le volume des seins…

2-1820-brassiere,-this-one-Brassiere  1820, collection Metropolitan Museum   

Lorsque nous évoquons le soutien-gorge actuel, c’est-à-dire des seins séparés, des bretelles d’épaules et une fermeture dans le dos, il est difficile de dire qui l’a réellement inventé,  car plusieurs corsetiers ont contribué à sa création et surtout à ses nombreuses évolutions !

En 1863, Luman L. Chapman, un corsetier américain de Camden dans le New Jersey, créé un soutien-gorge/bustier appelé « The first breast supporter ». Il dépose le brevet le 15 décembre mais son dépôt ne sera pas suivi d’une grande commercialisation.

3-Bust-forms-1860–75-Brookl 1860–75 Brooklyn Museum Costume Collection

Quelques années plus tard, un autre dépôt américain du 15 février 1876 sera effectué par Olivia P. Flynt. Il s’agit d’une brassière encore plus enveloppante, dénommée «Bust supporter», il sera commercialisé avec succès bien que son prix de vente soit assez onéreux. Il fallait en effet compter de 2,5 dollars à 7 dollars suivant les matières, pour acquérir la précieuse brassière qui, dès 1881, sera vendue par correspondance (un nouveau système de vente qui commence à se développer aux Etats Unis).

En Europe, il est couramment admis, à tort, que l’invention du premier soutien-gorge remonte officiellement à 1889, date de la présentation par Herminie Cadolle du premier « corselet-gorge » lors de l’Exposition Universelle de Paris. Outre que ce corset/soutien-gorge est présenté 13 ans plus tard que celui d’Olivia Flynt, ce modèle nommé « Bien-être » n’était pas encore un soutien-gorge indépendant puisqu’il était encore rattaché au corset dans le dos.

Le 11 Janvier 1893, aux États-Unis, Marie Tucek dépose le brevet d’un dispositif nommé « Breast supporter », une petite brassière qui, pour la première fois, n’est ni un corset modifié, ni un bustier, et comporte un emplacement pour chaque sein ainsi qu’un système de bretelles maintenues à l’aide d’œillets et d’agrafes. Ce modèle ressemble beaucoup au soutien-gorge à balconnet moderne. Porté par quelques amies de la géniale corsetière, ce sous-vêtement fut malheureusement un échec commercial, mais on peut considérer que Mary Tucek est la véritable « inventeur » du SG moderne, puisqu’elle a créé dans les années 1890, un modèle qui ressemblait déjà à ce que les femmes portent aujourd’hui.

Aux Etats Unis, à partir de 1890, avec le développement du chemin de fer, des Grands Magasins de la côte Est et de la vente par correspondance, les états ruraux du centre vont avoir accès aux mêmes produits que les grandes villes. Les ventes vont exploser et l’industrialisation de masse se fera dans la lingerie grâce, entre autres, aux frères Warner, corsetiers depuis 1875, et qui commercialiseront des SG à partir de 1902.

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Les débuts de cette pièce de lingerie ont donc été confus, chaque marque de corset s’essayant à la création personnelle. Le nom même de cette nouvelle pièce de lingerie changera aux grés des modes. Il sera nommé gorgerette, busterette (chez Persephone), callimaste, maintien-gorge, corselet ou brassière et sera réalisé essentiellement en coton, batiste ou broderie anglaise.

12-Brassière-1910-Brassière 1905 – Collection Nuits de Satin

C’est en 1904 que le terme « soutien-gorge » fait son entrée dans le dictionnaire Larousse. Il n’apparaîtra qu’en 1911 sous le nom de « brassière » dans l’Oxford English dictionnary, d’où l’origine du diminutif « bra » qui sera utilisé dans les pays anglo-saxons à partir de 1937.

1910 Collection VA – 1905 Collection VAM à Londres

Catalogue Fémina de 1911 et 1906

Il faudra attendre une dizaine d’années pour qu’en 1913, une jeune américaine, Mary Phelps Jacobs, écrivaine et féministe avant l’heure, plus connue sous le nom de Caresse Crosby,  crée un soutien-gorge avec 2 mouchoirs et du ruban de soie pour pouvoir porter sa robe de soirée au décolleté plongeant. C’est en tout cas ce qu’affirme sa légende… Ce modèle était en fait le précurseur du dos nu mais le devant n’était encore qu’une brassière. En 1914 elle vend son idée à Warner Brothers Corset Company dans le Connecticut, qui, 40 ans après ses débuts, s‘affirme comme la plus grande entreprise de corseterie au monde.

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En 1920, un nouveau style vestimentaire naît pour donner une nouvelle silhouette. Le soutien-gorge de cette époque, qui a la fonction première d’aplatir la poitrine, est un  bandeau à boutonnage ou laçage sur le devant, confectionné dans des matières très fines : tulle, coton, tricotine, broderie anglaise, soie avec entre-deux de dentelle et souvent décoré d’un rucher de ruban rose. C’est à la fin de cette décennie qu’il connaîtra son véritable essor !

20-Shanghai-1277Soutien-gorge en soie 1920′ – Collection Nuits de Satin

Le soutien-gorge devenant de plus en plus populaire, beaucoup de femmes avaient du mal à trouver la taille de bonnet qui leur correspondait. La marque Kestos, créée en 1925, commercialise un modèle « formé », basé sur le principe de 2 triangles cousus ensemble et pincés pour prendre forme. Par la suite  d’autres sociétés de confection y ajoutèrent des baleines puis du capitonnage. C’est vraiment à cette époque que le SG joue un rôle prépondérant dans les sous-vêtements et réinvente une nouvelle silhouette pour la femme.

En 1934, pour répondre au diktat de la mode où robes d’été et de soirées étaient « dos nu », Kestos toujours,  invente un  modèle dos nu, avec ou sans bretelles. Le mode de fermeture de ce SG est tellement compliqué, que la marque Kestos est obligée de faire des publicités informatives, démontrant le mode d’emploi des trois façons différentes de le porter.

Au début des années 30, les matières employées sont principalement de la rayonne/viscose.  On verra apparaître quelques pièces en latex pur (caoutchouc), mais cette matière inconfortable sera rapidement réservée à la fabrication de gaines, en particulier par Playtex qui les commercialisera de 1940 à 1958.

Puis le soutien-gorge va gagner en rigidité et maintien par le jeu des armatures, baleines et capitonnage …

La profondeur de bonnets ABCD est une invention de la marque Camp, spécialisée dans la corseterie médicale. Elle date de 1932, mais il faudra attendre 1937 pour la voir commercialisée à grande échelle par les marques Bali et surtout Warner, puis très rapidement par toutes les marques. Cette invention fut une grande avancée dans l’évolution de cette pièce de lingerie et du confort de la femme.

Toute la lingerie était dans les tons de rose pêche ou abricot, parfois blanche ou bleue pâle, mais peu de noir….

En 1938, la Sté Dupont de Nemours invente le nylon, matériau révolutionnaire, résistant et léger, lavable et ne nécessitant pas de repassage. En Europe, après la seconde guerre mondiale, arrive des USA une mode qui fait fureur : celles des poitrines généreuses misent à la mode par une génération de « Pin-Up » avec entres autres, Jane Russel, Marilyn Monroe, Jane Mansfield qui attirent le regard avec leur décolleté profond ! Les femmes rêvent de leur ressembler et de donner un air avantageux à leur poitrine.

Pour gagner en souplesse et étirement, la marque Dupont, déjà à l’origine du Nylon, inventera le Nyralon (mix de Nylon et de viscose) qui sera l’un des premiers tissus stretch, largement employés dans la corseterie.

En 1940, aux Etats unis, une nouvelle mode s’impose : le « Bullet Bra » dont  la nouvelle technique de coutures circulaires, le Whirlpool stitching, donnait un look missile dont les pointes étaient très visibles sous les pulls serrés de l’époque : le fameux  « Pointy Look »! Le plus célèbre de ces nouveaux soutiens-gorge était le modèle V-ette Whirlpool vendu par Hollywood Maxwell depuis 1935. Toutes les marques américaines le commercialisent jusqu’à la fin des années 50. En France, c’est surtout la marque Roussel qui, dès 19.. sera adepte de la fameuse surpiqûre circulaire. A noter, le « Pointy Look » fit un retour timide au début des  années 70 aux Etats-Unis, avec la marque Nipple Bra qui proposait un SG qui donnait l’impression….. de ne pas en porter.

35-Bullet-bra

On ne peut pas parler de cette mode sans évoquer le film « The Outlaw », produit et réalisé par Howard Hugues. Le milliardaire cinéphile, ingénieur aéronautique de formation, conçu pour Jane Russell, un SG sans bretelle doté d’un système d’armatures métalliques qui faisait à la star une magnifique poitrine. Mais l’image jugée trop agressive pour le code Hays (code de bonne conduite cinématographique de l’Amérique puritaine des années 40)  ce SG valu au film, tourné en 1931, d’être blacklisté et il faudra attendre 1946 pour le voir à l’écran.

En France, en 1947, Marie-Rose Lebigot crée le SG balconnet pour Madame Carven. Ensemble, elles feront breveter ce modèle push-up conçu spécialement pour les robes bustier et les petites poitrines. Il sera popularisé par Brigitte Bardot qui le portera dans les années 60, aussi bien en lingerie qu’en maillot de bain.

Les années 50 seront les années « Nylon ». Inventé en 1938, le nylon sera la grande révolution vestimentaire et la fibre quasi universelle de la lingerie et corseterie de l’après-guerre. Commercialisée en 39, la totalité de la fibre disponible sera employée pendant deux années à la production des bas. En 1941, suite de l’attaque sur Pearl Harbor, les États-Unis entrent dans le conflit mondial et le Nylon devient une fibre militaire pour la fabrication de millions de parachutes.

Les premiers soutiens-gorge de l’après-guerre et jusqu’en 1950, seront en nylon « toile de parachute », fabriqués avec les stocks de l’armée désormais inutiles, et reteints en rose pour leur nouvelle affectation.

En 50 toujours, lancement d’un ovni par la marque La Resista. Il s’agit d’un push-up gonflable, qui permet, au moyen d’une paille, d’ajuster son tour de poitrine au gré de ses besoins ou de son humeur… Pour la petite histoire, La Resista, marque américaine, commercialisera ce SG gonflable aux Etats-Unis sous le nom français de « Très Secrète », quand Scandale, marque française le commercialisera sous le nom de « Very Secrete »… marketing oblige ! N’ayant pas remporté de succès populaire, ce modèle sera malgré tout encore vendu de nombreuses années par correspondance chez Frederick of Hollywood…

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Mise au point en 1959, une nouvelle fibre fait son apparition en 60 : le Lycra ou Spandex pour les anglo-saxons, créé par la Sté DuPont. Le Lycra est une révolution et le restera pour les 50 ans à venir. Cette fibre élastomère possède toutes les qualités : facile à produire et à travailler, légère, stretch dans les deux sens, facile à laver et rapide à sécher. L’industrie De la lingerie, entre autres, en fera sa matière favorite.

En 1962 apparaissent les premières bretelles élastiques et extensibles, inventées par Warner. L‘année suivante, toutes les marques se ruent sur cette nouvelle invention, allant même, fait rare, jusqu’à avoir une communication visuelle unique, un mannequin passant son pouce sous la bretelle et l’étirant vers le haut pour démonter son élasticité.

Une nouvelle génération de sous-vêtements fonctionnels est née.

Puis le soutien-gorge va commencer à perdre de son importance en tant qu’article de mode pour finalement gagner un véritable statut politique. Il deviendra le symbole de l’oppression féminine en 1968, et le fantasme médiatique des femmes brûlant leurs soutiens-gorge perdurera des décennies durant.

La révolution sexuelle des années 70 et le féminisme naissant avec le MLF (le Mouvement de Libération de la Femme) marquent un véritable tournant, le soutien-gorge est banni par la nouvelle génération ou réduit à son plus simple usage pour leurs aînées. Il se doit d’être avant tout fonctionnel et ne doit pas être sexy.

C’est l’ère des moulés, légers et transparents, mais sans forme et sans grand maintien, commercialisés principalement par les marques Huit et Dim. Les 2 magazines professionnels, « Corsets de France » et « Dessous Élégants » vont voir leurs paginations divisées par 2 et la désertion de leurs annonceurs publicitaire. Existants depuis les années 30, ces deux magazines cesseront finalement d’être édités.

Les années 80 marquent le retour d’une certaine lingerie. C’est l’époque ou Chantal Thomas apporte un véritable nouveau souffle : balconnets, guêpières, porte-jarretelles et bas «couture » sont de nouveau à la mode.

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Les années 90 voient le retour des poitrines généreuses grâce au succès populaire des chanteuses Samatha Fox et Sabrina.  Avec elles, les balconnets et autres push-up ont de nouveau la côte, et parmi ceux-ci, le Wonderbra avec son célébrissime 1300.

Dès l’origine, la Canadian Lady Corset Company, fondée en 1939, commercialise ses soutiens-gorge sous la marque Wonderbra. Les modèles Winkie des années 40 et Mischief en 50 sont des best-sellers, mais ce n’est rien en regard du succès qui attend le modèle Dream Lift, le « 1300 », lancé en 1963. Premier soutien-gorge rehausseur pigeonnant, il est vendu dans le monde entier depuis plus de 50 ans. En 1994, Wonderbra révolutionne le monde de la publicité en affichant les charmes d’un mannequin, alors peu connue, Eva Herzigova. « Habillée » d’une simple parure Dream Lift, Eva s’adresse aux hommes : « Hello Boys » pour la campagne américaine  et « regardez-moi dans les yeux » pour la campagne française. Le succès est mondial, au point qu’en 1996, le Wonderbra 1300 fera son entrée au Livre des Records Guinness pour avoir été vendu à plus d’ 1,6 millions d’unités dans le monde.

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Les années 2000 concrétisent ce succès de la lingerie. Pour le soutien-gorge c’est la période de toutes les innovations : armatures souples, coussinets, coques, minimisers, moulés, fibres intelligentes, etc ….   

Texte : © Patrice Gaulupeau/Nuits de Satin

Remerciements : hprints.com (publicités)

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History of Bras

 

For centuries, when it came to women’s figure, the focus was mainly on the lower part of the body. The waist was the major concern. It had to be as slim as possible, either naturally or with the help of artifices such as farthingales, panniers, bustles or crinolines. The more the hips and the back were big, the more the waist looked thin. But no attention was given to the bust, on the contrary: it had to disappear as its only purpose was to feed newborns.

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At the end of 19th century, everything changed. Means of transport, town planning, lightings, photography, press, department stores -everything contributed to the advent of a new world.

With the industrial revolution going on, fashion adjusted to this new modern society and bras became the new item of every women’s wardrobes. First because of its practical aspect but soon enough also for its estheticism. With time, bras became the architect of the figure and their job was to confine, flatten, lift, separate, and increase the volume of breasts.

2-1820-brassiere,-this-one-Brassiere  1820, collection Metropolitan Museum   

It is very hard to say who invented the current bra (meaning separate breasts, straps and fastening at the back) as several corsetiers contributed to its creation, not to mention its many evolutions!

In 1863, Luman L. Chapman, an American corsetier from Camden in New Jersey created a bustier-bra called ‘The first breast supporter’. He filed a patent on December 15 but his application was not followed with a wide commercialisation.

3-Bust-forms-1860–75-Brookl1860–75 Brooklyn Museum Costume Collection

Few years later, another American patent was filed on February 15 1876 by Olivia P. Flynt. It was a even more enveloping brassiere called ‘Bust supporter’. This bra met with success although the selling price was quite expensive: between 2.5 and 7 dollars, depending on the fabrics. From 1881, the precious brassiere was sold by mail order (a new selling system that was starting to grow in the United States).

In Europe, it is wrongly believed that the creation of the first bra dates back to 1889, when Herminie Cadolle presented the first ´bra-corselet’ during the Universal Exposition in Paris. Apart from the fact that it was presented 13 years after that of Olivia Flynt, this model named ‘Well-Being’ was not yet an independent bra as it was still bound to a corset.

On January 11 1893 in the United States, Mary Tucek filed a patent for a device named ‘Breast Supporter’. It was a small bra which, for the first time, wasn’t an altered corset, nor a bustier and it had a space for each breast as well as a straps system fastened with eyelets and hooks. This model looked a lot like our current balcony bra.

Worn by some of the amazing corset maker’s friends, this underwear was unfortunately a commercial failure. Still, Mary Tucek can be considered the true ‘inventor’ of modern bra.

From 1890 in the United States, with the development of railways, department stores on the East coast and mail order selling,the rural states started having access to the same products as the big cities. Sales were boosted and mass industrialisation had an impact on lingerie as well, thanks to the Warner brothers among others, who commercialized bras since 1902.

11 1904 Brassiere advertisementUS Catalogue 1904

The beginnings of bras were muddled with each corset brand trying to make an input. The name of this new lingerie item changed many times: busterette (at Persephone) callimaste, maintien-gorge, corselet, brassière. It was made essentially in cotton, batiste or broderie anglaise.

12-Brassière-1910-Bra 1905 – Collection Nuits de Satin

Only in 1904 did the term ‘soutien-gorge’ (bra in French) was accepted in the French Larousse dictionary. It appeared under the name ‘brassiere’ in 1911 in the Oxford English dictionary, hence the diminutive ‘bra’ that was later used in English-spoken countries.

1910 Collection VA – 1905 Collection VAM à Londres

Catalogue Fémina from 1911 et 1906

Only a dozen years later, in 1913, did Mary Phelps an American writer and early feminist otherwise known as Caresse Crosby ,designed a bra with 2 tissues and a silk ribbon, in order to wear her low-cut neckline gown. At least this is what the legend says. This bra was actually the precursor of the open-back bra, but the front remained a mere brassiere. In 1914 she sold her idea to Warner Brothers Corset Company, a company that became the biggest corset maker in the world 40 years after its creation.

19-Mary-Phelps-Jacob

In 1920, a new clothing fashion and a new figure appeared. At that time, as their main purpose was to flatten the chest, bras were a bandeau with a row of buttons or lacings on the front, made in very thin fabrics: tulle, cotton, tricotine, broderie anglaise, silk with lace insertion and often a pink ribbon.

Bras only met with success at the end of the decade.

20-Shanghai-1277Silk bra 1920′ – Collection Nuits de Satin

As bras became more and more popular, many women had troubles finding the right cup size. The brand Kestos that was created in 1925, commercialized a ‘formed’ bra made of 2 stitched and darted triangles. Later on, other tailoring companies added whalebones and padding. This was the time when the bra became a key part in underwear by creating a new outline for women.

In 1934, an open-back bra was designed, with or without straps, in order to fit the latest trend of backless dresses. The fastening process was so complicated that the brand Kestos had to make informative advertisements with instructions on the three different possible ways of wearing the bra.

In the early 30s, the fabrics used were mainly rayon/viscose. There were some bras made in rubber latex but this material was so uncomfortable it was quickly appointed only to the making of girdles -especially by Playtex that commercialized them from 1940 to 1958.

Bras then became more rigid and offered a better support through the various underwirings, whalebones and paddings…

The ABCD cups were an invention of the brand Camp, specialized in medical corsetry. It dates back to 1932, but it was only widely commercialized in 1937 by the brands Bali and Warner. This invention was decisive in the evolution of bras and in women’s  comfort.

The colors were usually peach pink or apricot, sometimes white or pale blue but hardly ever black…

In 1938, the company Société Dupont de Nemours invented Nylon, a revolutionnary fabric, both light and resistant, easy to wash and that didn’t need any ironing. After WW2, a new US trend was imported to Europe: generous breasts featured by famous ‘Pin Ups’ such as Jane Russel, Marilyn Monroe, or Jane Mansfield. Women wanted to look like them and have a flattering chest.

In order to be more flexible and stretched out, the brand Dupont which had already created Nylon, later also invented Nyralon (a mix of Nylon and Viscose) that became one of the first stretch material used in corsetry.

In 1940 in the United States, a new fashion appeared: the ‘Bullet Bra’. Its new circular sewing technique, the Whirlpool stitching, made the tips appear clearly under the tight sweaters worn at that time: that was the famous ‘Pointy Look’.

The most famous bra was the V-ette Whirlpool design, commercialized by Hollywood Maxwell since 1935. Every American brands then starting selling it until the end of the 50s.

In France, it was the brand Roussel that adopted the famous circular topstitch. Noteworthy: the ‘Pointy Look’ timidly came back at the beginning of the 70s in the US with the brand Nipple Bra which bras gave the impression that there were none.

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Bullet bra 1948 – Collection Nuits de Satin

But we can’t write about this trend without mentioning the movie ‘The Outlaw’, produced and directed by Howard Hugues. The film-lover billionaire, former aeronautical engineer, created forJane Russell a strapless bra with a metal fastening system that gave the star a splendid bosom.

But this bra was deemed too aggressive according to the Hays code (code of conduct in the film industry during the puritan years in America in the 40s) which resulted in the movie being blacklisted. It was filmed in 1931 but only came out in theaters in 1946.

In 1947 in France, Marie-Rose Lebigot created the balcony bra for Madam Carven. Together, they filed a patent for this push-up bra made especially for bustier dresses and small breasts. It was made popular by Brigitte Bardot who wore it in the 60s, as lingerie as well as bathing suits.

The 50s were the ‘Nylon’ years. Created in 1938, nylon was the big revolution in clothing and it became the universal fiber in lingerie and corsetry in the post-war era.Commercialized in 1939, the fiber was used during two years for the production of stockings.

In 1941, after the Pearl Harbor attacks, the US entered WW2 and Nylon became a military fiber, used to create millions of parachutes.

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The first bras of the post-war period until the 50s were made in Nylon, the very material that had no longer use in the army. It was dyed in pink for its new function.

Still in the 50s, the brand La Resista designed an oddity: an inflatable push-up bra that could be blown thanks to a straw. This way, women could adjust their breast size according to their need or mood.

Funny story : La Resista sold this inflatable bra in the US under the French name ‘Très Secrète’, where as Scandale, a French brand, sold it under the name ‘Very Secrete’.

The bra didn’t meet with success, but it was still commercialized for many years through mail order selling at Frederick of Hollywood.

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A new fiber was conceived by the company Société Dupont in 59: Lycra -or Spandex as the Anglo-Saxon call it. Lycra was a revolution and remained at its peak for the next 50 years. This elastomer fiber has all the qualities: easy to produce, light, stretch, easy to wash and quick to dry. The bra industry appointed it as its favorite material.

In 1962, Warner invented the first elastic and expandable straps. The following year, every brands rushed to get this new invention to the point of having a unique visual communication: a model who slipped her thumb under the strap and pulled it up in order to show its elasticity.

A new generation of practical underwear was born.

Then bras slowly started losing their important status as a fashion item and instead gained a real political status. It became the symbol of women’s oppression in 1968 when they started burning their underwear in the streets.

The sexual revolution in the 70s and the budding feminism with the Women’s Movement were a real turning point.

Bras were banished by the new generation and used for their former function by the eldest. Bras had to be practical and above all: not sexy. It was the era of light and see-through bras, but without any form or support, with brands such as Huit and Dim among others.

With the 80s a certain type of lingerie came back. It was the time when Chantal Thomass gave a new breath of life to lingerie: balconies, guepiere, garters and ‘couture’ stockings were fashionable again.

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The 90s were the comeback of generous breasts thanks to the success of famous singers Samantha Fox and Sabrina. Balcony bras and push-ups were fashionable again, especially with the brand Wonderbra with its ever so famous ‘1300’ design.

From the start, the Canadian Lady Corset Company, created in 1939, commercialized its bras under the brand Wonderbra. Th Winkie design in the 40s, and the Mischief design in the 50s were best-sellers, but it was nothing compared to the success that awaited the Dream Lift design, the ‘1300’ launched in 1963. It was the first uplifting plunging bra and has been sold all around the world for more than 50 years.

In 1994,Wonderbra revolutionized the advertising world by displaying the charms of a little known model at the time -Eva Herzigova.

Wearing only the Dream Lift design, Eva spoke directly to men: ‘Hello Boys’ in the US and ‘Look me in the eyes’ in France. The campaign met with international success to the point that in 1996, the Wonderbra 1300 was listed in the Guinness Records for having sold more than 1.6 million items in the world.

50 Wonderbra

51 Wonderbra_EvaHerzigova

The years 2000 materialized the success of lingerie. It was a period of innovations for bras: flexible underwirings, pads, minimizers,intelligent fibers…

Texte : © Patrice Gaulupeau/Nuits de Satin

Courtesy : hprints.com (ad)

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